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31/03/2010

LES POLYTECHNICIENS -

LES POLYTECHNICIENS ET L'AVENTURE SAINT-SIMONIENNE

par J.-P. CALLOT


Jean-Pierre Georges Alphonse CALLOT (1912-1995 ; X 1931) est l'auteur de plusieurs études historiques sur les polytechniciens et fut rédacteur en chef de la Jaune et la Rouge (la revue des anciens élèves de l'Ecole polytechnique)

Publié dans La Jaune et la Rouge, septembre et octobre 1964.

J.-P. Callot a publié un ouvrage sur le même sujet sous le pseudonyme de Jean-Pierre ALEM et le titre de « ENFANTIN, Le prophète aux sept visages », aux Editions Jean-Jacques PAUVERT, en 1963.

L'article paru dans La Jaune et la Rouge est reproduit sur ce site en raison de l'influence notoire qu'exerça le mouvement saint-simonien sur plusieurs ingénieurs des mines.

 


Evoquer le rôle des polytechniciens dans la grande aventure saint-simonienne, animer un moment les silhouettes d'antiques qu'estompe un oubli immérité, tel est le but que je me suis proposé dans les quelques pages qui suivent.

Lorsque mourut le comte de Saint-Simon, le 19 mai 1825, après une vie traversée d'aventures et terminée dans la misère, c'est un groupe de disciples bien clairsemé qui suivit son corps jusqu'au cimetière du Père-Lachaise. Le comte laissait les fondements d'une doctrine qui allait illustrer son nom, mais qui n'avait pas encore franchi les limites d'un petit cercle d'initiés. Cette doctrine est trop vaste, et d'ailleurs trop connue, pour que j'entreprenne d'en résumer ici tous les aspects ; je me bornerai à rappeler qu'elle avait pour objet de transformer la société en adaptant l'Etat aux nécessités de l'industrie. « La production des choses utiles étant le seul but raisonnable et positif », la politique ne devait être rien d'autre que la science de la production. Dans la société réformée, le pouvoir temporel devait appartenir aux « industriels » - il fallait entendre par là tous les producteurs -, le pouvoir spirituel aux savants. Les emplois et les richesses devaient être distribués selon la formule « A chacun selon ses capacités, à chaque capacité selon ses oeuvres » qui ne condamnait pas encore la propriété, mais déjà l'héritage.

Parmi les premiers hommes que séduisit cette doctrine, il en est un fort illustre - par ailleurs le premier polytechnicien que nous rencontrions en cette affaire - c'est Auguste Comte. Mais, en 1824, il publia son « Système de philosophie positive », et se sépara de Saint-Simon ; il demeura toutefois lié à son mouvement dont il ne s'écarta définitivement que 4 ans plus tard, pour des raisons que je relaterai plus loin.

 

Auguste Comte

Après le départ de Comte, le principal disciple de Saint-Simon et son héritier, fut Olinde Rodriguès.

Olinde Rodriguès avait 30 ans à la mort de son maître. Il était le fils de banquiers juifs, d'ascendance portugaise établis à Bordeaux. Plusieurs spécialistes de l'histoire saint-simonienne attribuent à Rodriguès une origine polytechnicienne : il aurait fait partie de ces auditeurs libres qui furent longtemps admis à suivre les cours de l'Ecole. C'est là, probablement, une erreur. Le seul renseignement que nous possédions sur la carrière universitaire de Rodriguès concerne son passage comme répétiteur au lycée Napoléon ; le fait est important, car c'est au lycée Napoléon qu'il fit la connaissance d'Enfantin, alors élève de spéciales ; et c'est de cette rencontre, que naquit l'étonnante carrière saint-simonienne de ce dernier. [Noter que Olinde Rodriguès se convertit au catholicisme ; sa fille épousa Eugène d'Eichthal, né en 1854, fils de Gustave d'Eichthal (1804-1886), l'un des principaux disciples non polytechniciens de Enfantin, juif de naissance converti à 14 ans au catholicisme puis à 19 ans au saint-simonisme. Gustave était fils de banquier, comme Enfantin, et fit partie du Collège des 16 de la famille Saint-simonienne. Sa famille avait été anoblie en 1814 par le duc de Bavière sous le nom SELIGMANN d'EICHTHAL. Il subventionna largement et collabora au journal Le Globe. Il fut nommé par Enfantin légateur universel en second, et conduisit Enfantin au cimetière le 9 septembre 1864. Son fils Eugène poursuivit la foi saint-simonienne de ses parents ; il fut vice-président de la Cie du Midi, membre de l'Académie des Sciences Morales et Politiques (1905), directeur de l'Ecole libre des sciences politiques (1912)].

Barthélémy Prosper Enfantin était né dans une famille de la Drôme qui possédait une certaine notoriété. Plusieurs de ses cousins furent généraux d'Empire ; son père avait été banquier, mais il avait fait faillite, et lorsque Enfantin entra à l'X, en 1813, il se trouvait fort désargenté ; à tel point qu'il ne put payer la pension de son fils, et que celui-ci dut quitter l'Ecole après une seule année d'études.

 

Le "père Enfantin"

Malgré cette interruption, Enfantin demeura profondément marqué par l'esprit de l'Ecole. A l'âge de 65 ans, il écrivait encore à son camarade Richard: « On voit bien que nous sommes les enfants d'une même mère, que nous avons sucé longuement le lait de cette chère nourrice, et qu'ensemble nous nous plaisons à revenir à son patois polytechnique ».

Ayant donc prématurément quitté l'Ecole après avoir participé à la glorieuse défense de la barrière du Trône, en 1814, Enfantin chercha une situation. L'un de ses cousins était gros négociant en vins à Romans ; il entra dans sa maison en qualité de courtier.

Beau garçon, solidement bâti, et point timide, le jeune Prosper avait toutes les qualités requises pour réussir dans cet emploi. Il fut chargé de prospecter la clientèle étrangère, parcourut l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse, et poussa jusqu'en Russie.

Dans la capitale des tsars, où il séjourna de 1821 à 1825, il retrouva un groupe de polytechniciens qui avaient été envoyés en Russie pour y construire le premier réseau de chemin de fer : Raucourt, Bazaine, Lamé, Clapeyron. Ces ingénieurs avaient formé un cercle où l'on discutait philosophie, économie, sociologie. C'est là qu'Enfantin fut pour la première fois initié à l'Economie politique et aux doctrines de Jean-Baptiste Say.

A son retour en France, Enfantin s'arrêta quelque temps dans son village de la Drôme, puis regagna Paris. Dans la capitale, il retrouva son ancien précepteur, Olinde Rodriguès. Celui-ci l'emmena aussitôt chez Saint-Simon, déjà malade, et qui devait s'éteindre quelques semaines plus tard. Il s'en fallut donc de bien peu que la rencontre n'ait pas lieu ; alors, sans doute, la doctrine n'aurait guère survécu à son fondateur et la grande aventure saint-simonienne n'aurait pas existé.

Après la mort du philosophe, ses amis décidèrent d'unir leurs efforts pour réaliser son dernier projet, celui dont il les avait entretenus sur son lit de mort : la création d'un journal. Grâce à l'aide de quelques banquiers libéraux, ils fondèrent le « Producteur ». Le journal reçut deux directeurs, d'abord Olinde Rodriguès, l'héritier spirituel du maître ; puis Enfantin. Ainsi, 6 mois après sa découverte du saint-simonisme, ce dernier devenait l'un des chefs du mouvement.

 


Médaille commémorative en l'honneur du monument élevé à Auguste Comte (1798-1857 ; X 1814), par S.E. Vernier (1902)
(C) Photo Collections Ecole polytechnique
Voir des commentaires sur cette médaille et de nombreuses autres dans :
Bulletin de la SABIX, numéro 40, octobre 2006

Du passage d'Auguste Comte parmi les saint-simoniens, ceux-ci conservèrent un avantage : l'afflux des polytechniciens qui vinrent à eux. Le saint-simonisme avait trouvé de nombreux adeptes dans notre Ecole [polytechnique] où le « Producteur » circulait de salle en salle ; cette faveur tenait en partie au fait que la doctrine était défendue par deux anciens élèves : Comte et Enfantin ; (Comte y avait joui d'une réelle autorité ; c'était lui, en effet, le turbulent « Isidore », alias « Sganarelle », héros des incidents tragi-comiques qui, en 1816, avaient amené le premier licenciement de l'Ecole).

Parmi les jeunes polytechniciens qui adhérèrent alors au mouvement et y exercèrent une influence notable, il faut citer Transon (1823), Charton, Marceau, Cazeaux (1823), Talabot (1919) qui fit une grande carrière dans les chemins de fer, Michel Chevalier (1823) et Jean Reynaud, mineur de la promotion 1824, dont le frère Léonce avait été exclu de l'Ecole en 1822 comme membre de la Charbonnerie.

Enfantin comprit le parti qui pourrait être tiré de ces ralliements. « Il faut, écrivit-il, que l'Ecole polytechnique soit le canal par lequel nos idées se répandront dans la société ».

Abel Transon fut chargé d'enseigner la doctrine aux élèves, et leur fit cinq conférences qui eurent le plus grand succès. Par la suite on vit jusqu'à cent polytechniciens aux réunions saint-simoniennes.

Parmi les hommes que je viens de citer, il en est un qu'il est bon de présenter plus complètement, car il joua un rôle essentiel dans la première phase de l'aventure saint-simonienne. Michel Chevalier était un ingénieur des mines de la promotion 1823 ; à peine sorti de l'Ecole, il avait adhéré à l'Ordre des Templiers, mystérieusement ressurgi du fond du Moyen-Age. Chevalier s'était affilié aux Néo-Templiers en même temps que son ami Hippolyte Carnot, fils du conventionnel Lazare Carnot, l' « Organisateur de la Victoire ».

Chevalier et Carnot furent déçus par la doctrine secrète des Templiers, ou du moins par l'interprétation que le grand-maître lui avait donnée, car, en 1827 ils quittèrent l'ordre et tournèrent leurs jeunes enthousiasmes vers le saint-simonisme. Ils y jouèrent tout de suite un rôle très important. C'est à Carnot que l'on doit la rédaction d'une bonne partie des deux formidables volumes dans lesquels est exposée la doctrine saint-simonienne. Quant à Chevalier, il allait devenir le plus ferme soutien d'Enfantin, et consacrer cinq ans de sa vie au mouvement dans sa période de plus grand développement.

C'est en 1830 en effet, que le saint-simonisme connut sa brève apothéose ; il avait, par la diffusion de sa doctrine, contribué au succès de la Révolution de juillet ; s'il n'est pas exact que Bazard et Enfantin aient alors songé à s'établir aux Tuileries pour y proclamer un gouvernement saint-simonien, il est par contre établi que les deux hommes rencontrèrent La Fayette, chef de la Garde nationale et alors arbitre de la situation pour lui demander de prendre le pouvoir. La Fayette reçut fort bien ses visiteurs, mais n'approuva pas du tout leur suggestion.

Si les saint-sinioniens ne parvinrent pas au pouvoir politique, du moins le nouveau règne inaugura-t-il pour eux une ère de grands et éphémères succès. Un des leurs, Lafitte, était ministre. Les adhésions se multipliaient. L'argent affluait. Certains nouveaux adeptes apportaient au mouvement toute leur fortune : tel fut le cas de Henri Fournel, ingénieur des Mines de la promotion et directeur général des usines du Creusot, qui démissionna de son poste pour rejoindre avec sa femme, Cécile, les troupes de Saint-Simon. L'état-major de celles-ci était alors installé rue Monsigny, dans l'ancien hôtel de Gesvres - une maison que le scandale allait bientôt désigner à la curiosité de tout Paris - et déployait une extraordinaire activité. C'est à cette époque que le saint-simonisme se transforma d'un mouvement philosophique en secte religieuse. Les saint-simoniens ne faisaient là que suivre le courant de pensée qui entraînait les milieux libéraux.

Pour fixer l'organisation de la secte nouvelle, un collège saint-simonien avait été convoqué, le jour de Noël 1829. Son premier objet avait été de choisir un chef ; mais, entre Bazard et Enfantin, il n'avait pu décider ; alors, sur la proposition de Rodriguès, tous deux avaient été désignés comme « Pères suprêmes, tabernacle de la Loi vivante ».

Sous les Pères fonctionnait un collège de 16 membres qui formaient le clergé. Les fidèles étaient, selon l'évolution de leur conscience saint-simonienne, répartis entre le « Deuxième degré », le « Troisième degré » et le degré préparatoire. Parmi les 16 membres du « collège » figuraient six polytechniciens : Margerin (1817), Michel Chevalier, Fournel, Talabot, Transon et Cazeaux.

La maison de la rue Monsigny était une ruche autour de laquelle s'étendait le multiple réseau des activités saint-simoniennes : exposition de la doctrine qui se faisait chaque semaine devant cinq à six cents personnes dans une salle de la rue Taitbout, conférences au quartier latin devant une assistance nombreuse recrutée à l'Ecole normale, à l'Ecole polytechnique, dans les facultés de médecine et de droit, au lycée Henri-IV, au collège Sainte-Barbe ; enseignement consacré aux ouvriers dans les 12 arrondissements que Paris comptait alors : création de maisons communautaires et d'ateliers ; missions en province ; enfin rédaction du « Globe », le quotidien que les saint-simoniens avaient acheté et qui était installé à l'étage supérieur de l'hôtel de Gesvres.

Cette activité portait ses fruits : les sectes de province prospéraient ; elles furent bientôt groupées en cinq « églises » : Lyon, Marseille, Toulouse, Montpellier et Brest. A la fin de 1830, le nombre des adhérents au mouvement saint-simonien était évalué à 40 000. « Nous marchons, disait Enfantin, avec une rapidité qui nous paraît à nous-mêmes extraordinaire ».

Bientôt la doctrine débordait nos frontières. En Algérie, elle était introduite par un camarade de promotion d'Enfantin, le capitaine du génie Bigot. Bigot fut tué au siège de Bône, mais il avait eu le temps de faire quelques disciples, dont un autre polytechnicien, qui devait devenir célèbre, Lamoricière (1824). En Belgique le saint-sinionisme se répandit rapidement. Il pénétra en Allemagne, où il trouva un défenseur éloquent en la personne de Henri Heine, en Angleterre, en Suède, en Italie, aux Etats-Unis. Des officiers de marine portèrent sa réputation dans les stations du Levant et des Antilles, au Brésil. « Le nom de Saint-Simon, écrivait Pereire en 1831, retentira bientôt sur toute la surface de la terre ».

La campagne entreprise par Enfantin pour l'affranchissement de la femme, et la révélation de sa morale sexuelle devaient porter un rude coup à ce bel édifice. A partir du moment où commença cette prédication à vrai dire assez étrange, qui réclamait une complète liberté des sexes et instituait un « couple prêtre » à la vocation équivoque, la maison de la rue Monsigny se transforma en un chaudron bouillonnant où partisans et adversaires d'Enfantin s'affrontèrent avec passion.

Jean Reynaud devait, à partir de ce moment, se consacrer avec Carnot à la Revue encyclopédique et construire une théorie métaphysique des « transmigrations cosmiques » qu'il expose dans « Terre et Ciel » - un livre qui a produit plus d'étonnement et d'éblouissement que d'ébranlements et de conquêtes -. Elu député à la Constituante de 1848, il fut nommé président du comité des Hautes études scientifiques à la tête duquel il accomplit une oeuvre remarquable. Cazeaux et Transon passèrent au « Fouriérisme » dont un autre polytechnicien, Victor Considérant (1826) était le principal animateur.

C'est à l'époque de ces défections que des rumeurs malveillantes commencèrent à se répandre sur les soirées qui avaient lieu plusieurs fois par semaine rue Monsigny. Si l'on en croit le chroniqueur Libert, « le paganisme avec ses fêtes immondes et ses infâmes saturnales n'offrait rien de plus répugnant ». Il ne semble pas que ces calomnies aient été fondées. Toutefois, il faut bien convenir que l'hôtel de Gesvres bouillonnant de frénésie mystique, était devenu une étrange maison.

Fondées ou non, ces rumeurs donnèrent au gouvernement de Louis-Philippe un prétexte pour intervenir contre le Saint-simonisme dont il redoutait la contagion politique. Un jour de janvier 1832, l'hôtel de Gesvres fut investi par deux compagnies de grenadiers et un escadron de hussards ! Les scellés furent apposés sur les salles de prédication, la maison perquisitionnée, la comptabilité saisie, tandis qu'Enfantin et ses principaux lieutenants étaient inculpés de délit d'association, d'escroquerie et d'outrages aux bonnes moeurs.

A la suite de ces persécutions, le Saint-simonisme s'engagea dans la période la plus bizarre de son histoire - celle dont le côté burlesque a excité la verve des chroniqueurs et des caricaturistes. C'est à ce moment, en effet, qu'Enfantin, ayant annoncé que le temps de l'apostolat était venu, se retira dans une grande propriété que lui avait léguée sa mère à Ménilmontant, sur un emplacement que bordent aujourd'hui la rue de Ménilmontant, la rue de Pixérécourt et la ruelle des Saint-Simoniens.

Cet asile était alors éloigné des barrières de Paris. Des bois et des vergers l'entouraient protégeant les cénobites du tumulte de la ville.

L'une des premières excentricités d'Enfantin fut de doter ses disciples d'un uniforme assez voyant ; tunique bleue, pantalon blanc, gilet blanc bordé de rouge, ceinture de cuir noir, écharpe et toque rouge. Puis il organisa de façon rigoureuse la vie communautaire.

 

Prosper Enfantin

En dehors des travaux domestiques, les disciples s'adonnaient à des études scientifiques et artistiques : des cours d'astronomie, de géographie, de géologie, de musique avaient été institués. Deux fois par semaine, Enfantin faisait ouvrir au public les portes de sa retraite ; celui-ci accourait en foule. La réputation que les Saint-simoniens s'étaient acquise dans un passé récent, la singularité de leur costume et de leurs manières, un mystère que l'on espérait trouver dans leurs cérémonies attirèrent certains dimanches sur les pelouses de l'abbaye plus de dix mille curieux.

En réalité, il y avait bien un mystère à Ménilmontant, mais les visiteurs profanes n'étaient pas en mesure de le percer. Ce mystère entourait l'édification de ce qu'Enfantin estimait alors devoir être le grand oeuvre de sa vie : la rédaction du Livre Nouveau.

La nuit, Enfantin et sept de ses disciples, formés en croix, élaboraient cet ouvrage qui devait fixer le dogme et l'expression de la religion nouvelle. Parmi les sept disciples élus figuraient quatre des six élus polytechniciens de Ménilmonlant : Michel Chevalier, Fournel (revenu de sa dissidence), Charles Lambert et Talabot. [Le groupe des six comportait en outre Félix Tourneux (X 1828) et Pierre Hoart (X 1812)].

Le « Livre nouveau » est la seule des oeuvres d'Enfantin qui n'ait pas été publiée, mais les textes en ont été conservés à la Bibliothèque de l'Arsenal. Il n'est pas question d'analyser ici ce singulier ouvrage. Disons seulement qu'il avait pour objet essentiel une recherche et une expression mathématique de la vérité ; ses rédacteurs tentaient de résoudre les problèmes moraux par l'application de l'analyse, de la géométrie et du calcul des probabilités. Le calcul des probabilités, qui joue un rôle si prodigieux dans la science moderne, était systématiquement appliqué à l'exploration de l'avenir ; l'un des objectifs constants des Saint-simoniens fut en effet la « prévision », et il est assez troublant de constater que quelques-uns d'entre eux, Enfantin en tous cas, possédèrent un don qui s'apparente singulièrement à la voyance. Les preuves de ce don sont des preuves écrites : on les trouvera dans les prédictions concernant le sort de l'Algérie, le percement des canaux de Suez et Panama, la création de l'Etat d'Israël, etc. Victor Hugo écrivit à Enfantin « Vous êtes un des voyants de la vie universelle ». Si je n'étais affligé d'un esprit aussi étroitement cartésien, j'aimerais à penser que l'alchimie saint-simonienne élaborée sur les pentes de Ménilmontant avait permis aux membres de la secte de rejoindre les grands initiés qui voient « l'univers dans un grain de sable et l'éternité dans une heure ».

Quoiqu'il en soit des activités saint-simoniennes à Ménilmontant et de leurs mystérieux prolongements, elles furent brutalement interrompues par le commissaire Maigret - tel était en effet le nom du commissaire de police de Belleville - qui, un soir de juillet 1832, entra dans l'abbaye accompagné de cent soldats du 1er régiment de ligne qui s'assirent sans façon sur le gazon où le Père dînait en compagnie de quelques jolies femmes. Le commissaire venait signifier à Enfantin qu'il aurait à comparaître en cour d'assises en compagnie d'Olinde Rodriguès et de quelques-uns de ses principaux disciples, - Michel Chevalier, Barrault et Duveyrier - en vertu de l'inculpation qui lui avait été signifiée rue Monsigny.

Le procès eut lieu à la fin du mois d'août et fut certainement l'un des plus pittoresques qui se soit déroulé au Palais de Justice de Paris. L'un de ceux aussi, où jurés et magistrats furent le plus malmenés.

Au terme de ce curieux procès, Enfantin, Michel Chevalier et Duveyrier furent condamnés à un an de prison.

Enfantin s'accommoda fort bien de la captivité. Il avait été enfermé à Sainte-Pélagie en compagnie de son camarade et disciple Michel Chevalier, mais l'on avait affecté à ces deux détenus de marque un confortable appartement de 4 pièces. Somptueusement ravitaillés par leurs fidèles, ils ne buvaient que du Champagne, et Enfantin tançait vertement ses disciples lorsqu'ils laissaient s'épuiser sa provision de cigares.

C'est à Sainte-Pélagie qu'Enfantin accomplit l'une de ces actions brutales dont on trouve quelques exemples dans sa carrière, et que l'on pourrait mettre sur le compte de l'ingratitude ou de la méchanceté, si cet homme imprévisible n'avait donné si souvent la preuve de sa générosité de coeur. Michel Chevalier avait été l'un de ses premiers disciples, l'un des plus fidèles et des plus efficaces. Or, au cours de son emprisonnement, Enfantin décida de rompre avec lui.

Finalement, Chevalier accepta la rupture, et, depuis ce jour, et pendant 17 ans, il poursuivit Enfantin de sa haine. Et pourtant Enfantin avait agi dans son seul intérêt, comme le prouve une de ses lettres. « Il faut, écrivait-il, que Michel rompe avec moi, parce que cette rupture lui permettra de se rapprocher du gouvernement, et que là est sa voie ».

En effet, dès que Chevalier eût abandonné le saint-simonisme, il connut une ascension brillante. Il partit en Amérique, où il conseilla le percement de l'isthme de Panama, et dont il revint avec un livre qui fit grand bruit : « Lettres sur l'Amérique ». Nommé Conseiller d'Etat, il se vit confier quelques années plus tard la chaire d'économie politique au Collège de France ; après qu'il eut négocié le grand traité de commerce de 1859 avec l'Angleterre, Napoléon III le fit sénateur et grand officier de la Légion d'honneur.

 


Au fond de sa prison, Enfantin rêvait et réfléchissait. Ses réflexions l'amenèrent à former un projet qui devait entraîner le saint-simonisme dans sa plus grande aventure. Un jour il écrivit à Petit qui lui servait d'émissaire auprès de ses disciples :

« Je voudrais que tu glissasses dans ta première conversation avec Fournel, mais seulement comme une chose en l'air, et sans que j'y sois pour rien, la question suivante : si Barrault provoquait des ingénieurs des ponts ou des mines à aller visiter l'Egypte pour y méditer quelque oeuvre à faire plus tard, l'année prochaine par exemple, en connaît-il, lui, Fournel, qui partiraient ? Et lui-même ne serait-il pas tenté ? »

Dans le cerveau d'Enfantin, le germe d'une entreprise nouvelle était né ; après Ménilmontant, l'Egypte.

C'est au mois d'octobre 1833 qu'Enfantin arriva à Alexandrie. Au grand mât de son navire flottait la bannière saint-simonienne. De nombreux disciples l'accompagnaient, parmi lesquels les ingénieurs des mines Lambert et Fournel.

L'Egypte connaissant alors une période faste, le vice-roi Mehemet Ali s'était largement ouvert aux influences occidentales, et françaises en particulier. Le colonel de Sève - Soliman-Pacha - avait organisé l'armée, de Cerisy la marine, Clôt les hôpitaux, etc. Un polytechnicien de la promotion 1828, l'ingénieur des ponts Mougel - Mougel-bey - occupa également des fonctions importantes dans le pays.

Ce sont les ingénieurs Fournel et Lambert qu'Enfantin poussa d'abord sur son échiquier ; il les envoya en reconnaissance chez les Français les plus notables pour essayer d'obtenir une audience du vice-roi. Il attendait le résultat de leur ambassade sur son bateau en écoutant Félicien David - l'un de ses plus fidèles disciples - jouer du piano.

Ce n'est qu'en janvier 1834 que l'audience fut obtenue. Là, Enfantin révéla à Mehemet Ali quel était le grand dessein qui l'avait amené en Egypte : le percement de l'isthme de Suez. Le vice-roi fut vivement intéressé ; mais il avait deux autres projets en tête : la construction d'un chemin de fer que lui proposaient les Anglais, et l'édification d'un grand barrage sur le Nil dont l'idée était soutenue par un ancien marin français, Linant ; finalement, il décida qu'on ferait le barrage.

Enfantin n'était pas homme à se décourager. Puisqu'on allait commencer par le barrage, eh bien ! il serait du barrage. Il savait que Linant n'était pas ingénieur ; il alla lui proposer ses services et ceux de son équipe, qui furent immédiatement agréés.

Mais cette décision provoqua une première dispersion des saint-simoniens d'Egypte. Fournel que le barrage n'intéressait pas, rentra en France. Pour combler les vides, Enfantin écrivit à deux de ses « anciens », ex-officiers d'artillerie, Hoart - que nous avons déjà rencontré à Ménilmontant - et Bruneau. En les attendant, Enfantin alla s'installer avec Lambert sur le chantier, et commença les travaux. Ceux-ci s'avéraient difficiles ; pour effectuer les énormes terrassements prévus, une main-d'oeuvre nombreuse était nécessaire, et les ouvriers, amenés de force sur les chantiers, désertaient en masse malgré la surveillance de bataillons entiers affectés à leur garde.

Au milieu de toutes ces difficultés, non seulement Enfantin ne se décourageait pas, mais encore il manifestait le plus grand optimisme. En dehors des travaux du barrage proprement dit, il étudiait la construction d'écoles, de magasins, d'habitations pour les ingénieurs et de baraquements pour les ouvriers.

Le soir il lisait Hérodote ou Strabon. Ou bien, dans la langueur des nuits d'Egypte, toutes constellées d'étoiles, il formait avec Lambert des projet d'avenir. Et toujours, la grande idée qui les avait amenés venait à leur esprit et à leurs lèvres... « ... Et toujours devant nos yeux les deux mers et l'isthme que nous percerons dès que nous aurons détrempé ses terres et mouillé ses sables... car le travail auquel nous nous destinons est la préparation de la grande oeuvre de Suez... Et plus loin encore, Panama... ».

Quelques mois plus tard une terrible épidémie de peste s'abattit sur l'Egypte. De nombreux Saint-simoniens en furent victimes ; un coup particulièrement dur frappa la famille en la personne de Hoart. Cette disparition eût une grave conséquence ; c'est sur Hoart que reposait toute la responsabilité du barrage ; déjà le Pacha se désintéressait de celui-ci ; la mort de l'ingénieur en chef acheva de ruiner l'entreprise.

L'année suivante fut définitivement néfaste. Un vent nouveau s'était levé sur la versatile et ingrate Egypte. Les Français, qui se trouvaient en si grande et légitime faveur, se trouvèrent soudainement en butte à l'aversion de Mehemet Ali. Soliman pacha fut envoyé en disgrâce en Syrie, les écoles militaires, d'inspiration française, furent supprimées. Le pays se fermait, pour quelques années du moins, aux projets d'Enfantin. Il comprit que le moment de rentrer en France était venu. Le 30 octobre 1836, il s'embarqua sur un navire qui faisait voile vers Malte.

Après trois années passées en Orient, Enfantin repartait ne laissant qu'un message équivoque, et sans un sou en poche.

L'idée du Canal de Suez n'avait pas été retenue, le barrage du Nil n'était pas sorti de terre. Ah, certes ! il n'avait pas, comme il l'annonçait joyeusement au jour de son départ, « dévoré comme un fromage cette lune qui se lève en Orient ».

Et pourtant... pourtant l'Egypte n'était plus au départ d'Enfantin telle qu'il l'avait trouvée en arrivant. Le Père, aidé de ses disciples, avait réalisé plusieurs créations et jeté les bases de quelques autres : des Ecoles militaires, une école du génie civil, une école polytechnique, un Institut agricole, des hôpitaux ; mais surtout il l'avait fertilisée de la semence de ses idées ; une semence que Lambert et d'autres après lui allaient faire germer ; et au premier rang, l'idée du Canal. Si Enfantin n'avait pas été en Egypte en 1835, l'isthme de Suez n'aurait pas été percé trente ans plus tard.

 


Enfantin était parti, mais Lambert était resté en Egypte avec une petite équipe. En compagnie de Hoart, l'ingénieur des mines avait déjà commencé à étudier les tracés possibles d'un canal perçant l'isthme de Suez. Après la mort de son camarade, il mit au point plusieurs projets qu'il envoya à Enfantin. Celui-ci n'oubliait pas son grand dessein ; pendant quelques années il avait été absorbé par une mission en Algérie et quelques tentatives romantiques : apostolat royal, création d'un Etat d'Israël, - mais en 1845, après être retourné aux activités industrielles, il relança cette affaire pour la réalisation de laquelle il allait lutter pendant 10 ans.

Linant était toujours en Egypte. Enfantin savait que nul n'était mieux placé que lui pour pousser l'affaire de Suez ; il lui envoya les trois projets établis par Lambert. Puis il s'efforça de mettre sur pied une société d'études. Une vaste campagne fut lancée dans la presse de l'Europe entière en faveur, du percement de l'isthme. Des chefs d'Etat, des ministres furent alertés. Des capitaux commencèrent à affluer. Bientôt les choses furent assez avancées, pour que l'on commençât à discuter du nom du futur ingénieur en chef des travaux, et à se disputer. Trois noms d'ingénieurs célèbres étaient avancés : Enfantin proposait la candidature de Paulin Talabot, polytechnicien (1819), et Saint-simonien ; les Anglais voulaient imposer Stephenson, l'un des pères de la locomotive ; les Allemands mettaient leur confiance en l'Autrichien Negrelli. On se disputa si bien que l'on rompit ; les Anglais se retirèrent de la compétition, mais les Français d'une part, les Allemands et les Autrichiens de l'autre décidèrent de constituer chacun leur société d'études.

Linant, ayant, pour des raisons obscures, rompu avec Enfantin, la mise sur pied de l'expédition française fut quelque peu retardée et la brigade germano-autrichienne dirigée par Negrelli partit la première. La brigade française suivit toutefois très peu de temps après, précédée par le saint-simonien Bruneau (1812) et le fils d'Enfantin, Arthur - qui avait alors 20 ans.

L'expédition s'embarqua le 4 septembre 1847. Ses travaux durèrent deux ans. Ils avaient conduit à un projet techniquement complet du percement de l'isthme, mais n'avaient pu aboutir à des réalisations concrètes, pour des raisons financières et politiques, lorsqu'on 1849 un personnage nouveau apparut dans cette affaire : Ferdinand de Lesseps.

Diplomate mis en disponibilité à la suite de la révolution de 1848, Lesseps se souvint à ce moment de conversations qu'il avait eues, 15 ans plus tôt, alors qu'il était vice-consul à Alexandrie, avec un voyageur un peu exalté nommé Enfantin. Il lui revint également à l'esprit que cet Enfantin devenu homme d'affaires important, avait mené une campagne dans toute l'Europe pour intéresser les financiers à son projet de percement de l'isthme de Suez. Il décida de mettre à profit ses relations tant en Europe qu'en Egypte, pour participer à cette affaire. Il alla voir Enfantin. Il le revit souvent ; si souvent que Paulin Talabot, l'ingénieur choisi par le groupe français pour diriger les travaux, commença à s'inquiéter ; l'ancien diplomate ne lui inspirait aucune confiance. Mais Enfantin était seulement heureux de trouver un nouvel auxiliaire ; il le fut plus encore lorsqu'on 1853, Mohamed Saïd, fils de Mehemet Ali et ami de Lesseps, prit le pouvoir en Egypte. Mais cette joie fut de courte durée, car, à partir de ce moment, il cessa de voir l'ex-diplomate. Il ne tarda pas cependant à en entendre parler ; Lesseps cherchait des capitaux en Angleterre et en France, et il était inévitable que les banquiers saint-simoniens, toujours prêts à soutenir les projets les plus audacieux, fussent rapidement saisis de l'affaire.

Et en effet, en 1854, deux des plus importants parmi ceux-ci - Ariès Dufour et Isaac Pereire - annonçaient à Enfantin qu'ils étaient prêts à créer une société financière avec Lesseps, et lui proposaient d'y participer. Mais Enfantin avait déjà formé une Société d'études, qui avait poussé très avant certains travaux préparatoires, et engagé des dépenses importantes ; aussi répondit-il : « Je suis le représentant officiel de la Société d'études. Je ne puis commettre ni trahison, ni indiscrétion ».

Cependant poussé par le désir de voir réussir l'entreprise et par un sens de la solidarité très particulièrement saint-simonien, il remit à Lesseps, lors de son départ pour l'Egypte, tous les documents de la Société d'études et une lettre d'introduction pour Paulin Talabot.

En Egypte, Lesseps choisit non le projet de Talabot qui prévoyait des travaux grandioses comportant un barrage sur le Nil et un canal de Suez à Alexandrie, mais celui de Linant. Enfantin écrivit à Lesseps pour lui signaler la mauvaise foi de Linant : « ...Linant dont la carte est un vol manifeste fait à ceux qui ont mis l'idée de Suez dans sa tête en 1833, à grand peine ».

Mais Lesseps possédait désormais le firman du vice-roi et les études techniques. Il ne se souciait plus d'Enfantin. Il ne lui répondit même pas.

Enfantin voulut demander justice à l'empereur - la France avait une nouvelle fois changé de régime -. Mais le siège de celui-ci était fait par les amis de Lesseps. Il refusa de recevoir celui qui avait, par son intuition et son action, permis au grand projet d'entrer dans la voie des réalisations.

Enfantin abandonna la partie. Personne aujourd'hui ne songe à associer son nom au percement de l'isthme de Suez. Lesseps a retiré de la grande oeuvre une gloire qui consacra hautement son habileté et sa ténacité, sinon sa bonne foi.

Si les saint-simoniens ne participèrent pas à la réalisation finale du grand-oeuvre qu'ils avaient conçu - le percement de l'isthme de Suez -, il est un autre domaine dans lequel leurs travaux aboutirent à des résultats concrets : la construction du réseau de chemin de fer français. Et là encore ce sont les polytechniciens de la secte qui jouèrent le rôle le plus important, montrant la voie aux générations de camarades qui ont poursuivi cette tâche avec maîtrise.

Ce n'est d'ailleurs pas en France seulement que les saint-simoniens se consacrèrent à la construction des chemins de fer. Cette activité s'explique aisément par le fait que le développement des moyens de communication constitue l'une des bases de l'économie saint-simonienne, elle-même fondement de la doctrine.

Lorsque le Tsar Alexandre Ier résolut de faire étudier la construction d'un réseau ferroviaire en Russie, il fit appel aux polytechniciens Clapeyron et Lamé, que l'on peut compter parmi les saint-simoniens. Ce sont ces mêmes Clapeyron et Lamé, associés à Eugène et Stéphane Flachat, qui tracèrent les plans du premier chemin de fer français, de Paris à Saint-Germain, et c'est un autre saint-simonien, Emile Pereire, qui finança l'entreprise.

D'autres ingénieurs saint-simoniens et polytechniciens, Tourneux (1828), Fournel, Paulin Talabot, devaient jouer un rôle essentiel dans le développement de notre réseau ferré. Quant à Enfantin on peut dire que l'histoire de la création du P.L.M. est une partie de sa propre histoire.

Dès son retour d'Egypte, et du fond de son amère retraite de Curson, il songeait au grand chemin de fer de Paris à la Méditerranée, et il pressait son ami, le banquier Arliès Dufour, de prendre part à cette entreprise. Celui-ci entendit ses avis et, lorsqu'en 1845 fut créée la Compagnie « L'Union pour le chemin de fer de Paris à Lyon », il en fut un actionnaire important.

Lors de la formation de la compagnie, Enfantin qui éprouvait périodiquement le besoin d'une retraite campagnarde, faisait un séjour à Tain, village proche de Curson, où il possédait une petite maison. C'est là qu'il reçut, à un moment où il ne s'y attendait pas, une lettre qui allait l'engager dans une voie nouvelle, sinon imprévue, et lui ouvrir une vaste carrière.

Cette lettre était signée de son cher ami Arliès Dufour, et de ses collègues du groupe des banquiers lyonnais. Elle portait une offre rédigée en ces termes :

« Il nous semble que les questions de chemins de fer qui prennent des proportions colossales, car elles intéressent l'avenir de la France et du Monde, ont besoin d'une haute direction qu'en ce qui nous concerne, nous venons vous prier d'accepter ».

Délivré de toutes entraves, Enfantin alla hardiment de l'avant, affirmant dans ses nouvelles fonctions une autorité et un talent qui étonnèrent jusqu'à ses plus fervents admirateurs. Le capital de 60 millions initialement prévu ne tarda pas à se révéler notoirement insuffisant ; c'est Enfantin, représentant du groupe minoritaire qui, après d'habiles négociations, réalisa la fusion de « L'Union » avec la compagnie créée par le banquier Laffite, puis amena Rothschild au nouveau groupement, permettant ainsi d'élever le capital à la somme fabuleuse pour l'époque, de deux cents millions de francs. Dès le mois d'octobre 1845, il était devenu administrateur de « L'Union ». Quelques mois plus tard, l'ensemble des groupes ayant formé la « Compagnie du Chemin de fer de Paris à Lyon », il en fut nommé administrateur délégué.

 

Prosper Enfantin,
Administrateur délégué
du chemin de fer
Paris-Lyon

Mais Enfantin voyait plus loin que Lyon : c'est la Méditerranée qu'il voulait atteindre. Son camarade Talabot ayant fondé une société pour la construction d'un chemin de fer de Lyon à Avignon, il en devint administrateur ; il réussit, par différentes associations, à en faire la « Compagnie du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée » ; le couronnement de sa carrière ferroviaire devait être atteint quelques années plus tard, en 1857, lorsque fut réalisée, en grande partie à ses initiatives, une nouvelle fusion, permettant la création du fameux P.L.M.

La pensée religieuse du saint-simonisme a été exprimée dans deux livres d'Enfantin : « La Science de l'Homme » et « La Vie Eternelle ». Ce sont deux ouvrages presque totalement oubliés, et dans lesquels, pourtant, le lecteur qui ne se laisserait pas rebuter par la bizarrerie du style et le désordre de la présentation, trouverait des pages admirables et des idées saisissantes.

Cette construction philosophique est l'oeuvre exclusive de Saint-Simon et d'Enfantin. D'autres polytechniciens lui ont néanmoins apporté quelques matériaux ; tout d'abord Fournel, Michel Chevalier, Lambert, Talabot, qui dans la retraite de Ménilmontant contribuèrent à la rédaction du « Livre nouveau », l'un des premiers textes mystiques du saint-simonisme.

Si j'ai évoqué la pensée religieuse saint-simonienne, c'est pour présenter tous les aspects de la doctrine ; elle en constitue l'un des aspects les plus originaux, mais non les plus convaincants ; on ne joue pas facilement les réformateurs, le saint-simonisme a apporté des idées neuves qui ont connu par la suite de formidables développements.

Inconnus ou célèbres, tous ces hommes ont écrit une page qui mérite, je crois, de figurer au livre d'or de notre Ecole [polytechnique].

Jean-Pierre CALLOT


Jean-Pierre Callot, élève de la promotion 1931 de Polytechnique, auteur de cet article (1964)
(C) Photo Collections Ecole polytechnique

Mis sur le web par R. Mahl

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Un peu plus cher que ce qui se fait déjà, mais une alternative de plus sur le marché.

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De la fleur au canon à la plume...

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Son nouveau président devra mener à bien cette entreprise.

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En tout cas, ce qui est certain, c'est que je lis probablement la Princesse de Clèves...

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Une nouvelle façon de lutter contre les dictatures ?

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Et l'amour du travail méticuleux avec des supports anciens...

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Ben, elle est tout juste avertie...

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Un programme ambitieux de scolarisation dans les milieux défavorisés

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30/03/2010

VITE LU


15

Belle cause, sacrée course.


distri-lespoir2Dix jours pour les femmes, pour la démocratie … et donc pour les hommes aussi !
Le 5 mars toute la journée au Parlement francophone bruxellois pour une journée consacrée à la femme. J’interpelle sur la lutte contre les violences entre partenaires et intra familiales. 17h direction … foire du livre :  je dédicace « Quand l’Europe se voile ». Du monde, des livres, des signatures, des échanges, des amis aussi, c’est gai !

Le 6 mars, après l’université d’été du MR je rejoins la « Marche Mondiale des Femmes ». Ambiance, tambours, slogans, revendications, l’espace d’une après midi j’ai l’impression d’avoir 20 ans. D’abord parce que le cortège est vivant, on crie, on danse, on avance, on s’amuse. Mais les revendications sont toujours les mêmes aussi. Depuis que j’ai 20 ans peu de choses ont changé. Certaines améliorations certes, en terme d’indépendance, d’IVG, d’emploi. Mais pas de progrès pour les femmes violées, violentées, mutilées, enburqatées  voilées, appauvries …. Ni soleil, ni bonheur pour elles…
Dimanche soir en route vers télé - bruxelles : je suis l’invitée du dimanche de Stéphanie Meyer : on commente l’actu et je parle de mon nouveau livre ! (pour voir l’interview cliquez sur le lien: http://www.telebruxelles.net/portail/content/view/9603/323/


Le lundi 8 mars, journée internationale de la femme : le matin au parti avec Corinne De Permentier, présidente des femmes réformatrices nous présentons « L’Espoir : Etre un homme libéré ». Nous avons transposé au masculin des situations que les femmes vivent au quotidien pour conscientiser hommes et femmes à ces trop nombreuses inégalités, persistantes mais que nous ne voyons plus… Succès !

Midi et demi, mon premier Conseil d’Administration comme présidente du Conseil des Femmes Francophones de Belgique. Un bon CA, des super collaboratrices, beaucoup d’idées, d’envies, de projets. Ca va bien bosser avec Monique, coordinatrice, Valérie, rédactrice et Francine, secrétaire !

L’après midi sur le terrain. Il fait gelant. Mais nous sommes nombreux à travers la communauté française à distribuer l’Espoir. Sur le terrain, tout sourire. Avec Jacqueline, Gautier, Sarah, on s’amuse dans le centre ville. Corinne est à Uccle et Forest. Dominique au Luxembourg, Sabine à Namur, … Valérie est partie sur Nivelles les bras chargés… D’autres distribuent à Woluwe St Lambert, à Schaerbeek, ….Tout est parti !

Enfin, ce vendredi 12 mars, c’est le Parlement bruxellois et l’assemblée réunie de la Commission communautaire commune qui ont consacré leur séance plénière aux politiques menées en faveur des femmes en Région bruxelloise. Parmi les nombreuses thématiques abordées comme le logement, l’emploi, la fonction publique, par exemple. Je suis intervenue sur la question des femmes rentrantes sur le marché du travail, après plusieurs années d’inactivité professionnelle, ainsi que sur la délicate problématique de la pauvreté des femmes à Bruxelles et plus particulièrement des femmes sans-abris.

Cette semaine, retour aux débats plus généraux que l’on avait pas quitté : la sécurité et la justice : n’oubliez pas de nous rejoindre le mercredi 17 mars à 20h au MR : 84-86 Avenue de la Toison d’Or - 1060 Bruxelles. Avec le  Sénateur Alain Destexhe et les députés Corinne De Permentier, et Xavier Baeselen, j’ai le plaisir de vous inviter à une conférence - débat sur : La Justice et la Sécurité à Bruxelles. Nous accueillerons Patrick Mandoux, Conseiller à la Cour d’Appel de Bruxelles et Maître de conférences à l’ULB et Alain Ysebaert, vice-président du SLFP Police.

Entre –temps je vous souhaite une excellente semaine !

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08

Le 8 mars… être un homme libéré, tu sais c’est pas si facile,….

pour voir le journal en entier, cliquez ici: lespoir-mr-la-journee-de-la-femmelespoir-page-11

pour voir la vidéo voici le lien : http://www.mrtv.be/video/index.phtml?catId=1

08

Les délations sont exécrables certaines comparaisons, certaines banalisations aussi….

Les délations sont exécrables. Les dénonciations anonymes sont nauséabondes. Rien ne peut modifier ce constat.
Le climat de peur instauré autour de personnes qui veulent dénoncer certaines choses? Détestable aussi.
Et quand l’ancien Ministre de la Défense, André Flahaut, compare des dénonciations anonymes de faits malhonnêtes, de manque d’éthique, de détournement des lois au seul profit personnel, quand il les compare aux dénonciations d’INNOCENTS, de Juifs parce que Juifs, qui les ont mené aux déportations et aux fours crématoires.

Comment? C’était ce dimanche sur le plateau de Pascal Vrebos, sur RTL, personne n’a réagi. Personne n’a pipé mot.
J’en frisonne encore.

02

«Quand l’Europe se voile» Parution ce mercredi 3 mars!

quand-leurope-se-voile

J’y parle du vivre-ensemble et des débats sur le voile. J’explique les accommodements raisonnables, l’origine et les définitions du foulard. Je pose la question des choix de société, de l’intégration. J’ai réalisé plusieurs  interviews, dont celle de Djemilah Benhabib, qui nous parle de la souffrance des femmes et de sa soif de pouvoir vivre la démocratie en toute liberté, et celle de Guy Haarscher sur les notions de neutralité et laïcité.

«Quand l’Europe se voile», contient des pistes de réflexion pour tenter de comprendre les tensions que nous vivons et permettre l’ébauche d’une solution. Je traite de la question du respect de tous, de la démocratie pour tous, de la dignité des femmes et donc de celle des hommes.

La préface est de mon ami Mohamed Sifaoui, un homme engagé et courageux, dont la détermination et l’honnêteté intellectuelle m’inspirent.

«Quand l’Europe se voile» est publié aux éditions La Muette, la collection belge des éditions Le Bord de l’eau (Bordeaux – partenaire de l’INA).
Je dédicacerai mon livre à la foire du livre de Bruxelles, le vendredi 5 mars de 17h à 19h sur le stand 108 de Filigranes et le samedi 27 mars à la foire du livre de Paris de 18h à 19h au stand U70bis des Editions du Bord de l’eau.
En espérant vous y retrouver !

28

La fierté d’une élection, la responsabilité d’une mission.

Ce mardi 23 février, le Conseil des femmes francophones de Belgique a élu sa nouvelle présidente et renouvelé une partie de son Conseil d’Administration .

J’ai l’honneur d’avoir été élue Présidente par 262 voix contre 254 à ma concurrente, Maryse Hendrix.

Cet organisme centenaire (1905), représente des associations féminines en Communauté française.
Tant des femmes d’entreprises que des militantes contre la pauvreté s’y retrouvent en bonne entente pour lutter pour une participation plus importante à la vie politique, une installation du réflexe « égalité », l’amélioration du statut des travailleuses, la lutte contre les violences faites aux femmes, la lutte contre la pauvreté des femmes, ou encore la solidarité avec les femmes des pays en voie de développement. Un vaste programme auquel je donnerai des impulsions nouvelles.

Un travail décliné en commissions et rencontres à tous niveaux. Une équipe de trois femmes, ouvertes,sympathiques et intelligentes avec qui je me réjouis de travailler: Monique Bargibant, la coordinatrice, Valérie Arend, rédactrice et Francine Dessart, secrétaire.

Je veux réitérer ma gratitude, au nom des femmes, à la présidente sortante, Magdeleine Willame-Boonen, qui pendant plus de sept ans a présidé cette institution avec coeur,détermination, finesse et intelligence. Nous continuerons à bénéficier de son soutien puisqu’elle restera active en présidant une commission.

J’espère que de nombreuses femmes rejoindront le conseil des femmes. Si vous voulez des infos, ou vous inscrire, voici le lien
http://www.cffb.be/

N’hésitez pas à franchir le pas ou simplement à donner votre avis, sur mon blog ou par mail vivianeteitelbaum@skynet.be

22

Hécatombe dans le bois de la cambre

velo-1

Tous crevés! 10 vélos de troupes scoutes étaient à l’entraînement ce  weekend dans le Bois de la Cambre, en préparation des 24H vélo de fin  mars.

Des machines bien réglées, des scouts ultra-motivés, on ne  rigole pas avec les 24H, ces équipes là y vont pour la gagne. Et  pourtant, l’entraînement a tourné court: tous les vélos, TOUS, ont  crevé les DEUX pneus, et voilé autant de roues. En cause, l’état  désastreux du macadam dans le Bois (çà, les automobilistes le savaient  déjà). A l’aube du printemps et de la floraison toute proche des cyclo - touristes, notre gouvernement bruxellois et la Ville de Bruxelles  feraient bien de se mettre en danseuse pour affronter la grogne.

Vous  imaginez la risée internationale, quand le Tour de France sera en  ville, arrêté pour crevaisons surabondantes….






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LA LETTRINE

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Vite lu, vite oublié

Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /2008 19:51


Mari et femme de Régis de Sá Moreira fait grand bruit dans la blogosphère et pour cause : c’est un roman très léger et surtout très drôle. L’auteur a une idée originale qui donne lieu à des situations absurdes et de somptueux quiproquos. Il imagine qu’un matin, un homme se retrouve, sans comprendre comment, dans le corps de son épouse… Et stupeur : sa femme est devenue lui. Pire encore : ce couple qui a décidé la veille de se séparer, doit à présent échanger les rôles et vivre au plus près l’un de l’autre. Elle est agent littéraire : elle ne peut donc s’absenter de son travail en attendant que la situation se résolve. C’est son mari qui doit se rendre à sa place à l’agence, rencontrer […]
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Dimanche 3 août 2008 7 03 /08 /2008 12:53


La collection Exprim’ chez Sarbacane est née il y a près de deux ans et si la ligne éditoriale est très claire, « une littérature innovante, dynamique et ancrée dans le réel… », on distingue deux veines : la première est dite « urbaine » et puise son inspiration dans le hip-hop. Ce sont des romans noirs, avec un style et une langue percutants. La seconde est, selon les mots de l’éditeur, « plus féminine », moins violente au niveau de l’histoire comme des choix des mots. Gadji ! de Lucie Land est issue de cette veine. Gadji ! est le nom que les Rroms (comprenez, les « bohémiens, [les] gypsies, [les] sales tsiganes) donnent aux étrangers, à ceux qui n’appartiennent pas à la communauté. Et […]
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Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /2008 16:36


Il y a quelques jours, je me suis rendue au pub Saint-Germain rencontrer Abha Dawesar, l’auteur de Dernier été à Paris (éditions Héloïse d’Ormesson). Ce sont de jeunes étudiants qui ont organisé cet événement pour un journal en ligne : L’Interview. Il s’agit d’un hebdomadaire tenu par des étudiants et destiné aux étudiants. La spécificité de ce site est de traiter de l’actualité au travers d’interviews. Non seulement la rencontre était intéressante mais surtout elle m’a permis de découvrir Abha Dawesar. Si vous allumez votre poste de radio, de télé ou simplement lisez les journaux, vous verrez cette semaine de nombreuses références à cet auteur indien : elle était ainsi sur France […]
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Lundi 21 avril 2008 1 21 /04 /2008 11:50


Je ne suis pas une grande amatrice de polars pour la simple et bonne raison que la plupart du temps c’est l’intrigue qui est mise en avant au détriment de l’écriture. Très rapidement, même si je suis prise par l’histoire, je m’ennuie parce que le style est trop relâché. C’est un peu le reproche que je ferai à Lilian Bathelot, l’auteur de La Théorie du K.O. L’idée de départ n’est pas très originale mais intéressante : un flic, Lopez, découvre les magouilles politiques de Sète et décide de les dénoncer dans la presse locale. Immédiatement, les politiques concernés se mettent en branle pour éliminer le commissaire et ses complices par n’importe quel moyen, pourvu que ce soit rapide et […]
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Jeudi 14 février 2008 4 14 /02 /2008 17:06


Aujourd’hui, c’est le grand jour : celui de l’Amour et des amoureux, et comme moi, vous ne risquez pas de l’oublier ! Ce matin, les dédicaces à la radio des amoureux transis vous amusaient, puis en prenant le métro, vous avez encore lu le sourire aux lèvres les déclarations d'amour des lecteurs de Libération… Tout cela est bien gentil. Mais peu à peu les publicités racoleuses vous rappelant de ne pas oublier d’acheter un petit présent pour l’élu(e) de votre cœur ont commencé à vous agacer. Quant aux questions désobligeantes de vos collègues ou amis vous demandant ce que vous comptez faire ce soir avec votre cher(e) et tendre. Là, c’est trop ! Heureusement, j’ai la solution ! Lisez […]
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /2007 16:47


Je dois être mal lunée ou avoir un humour snobinard (vous ai-je conseillé le Dictionnaire de Littérature à l’Usage des snobs, chez Scali ?), mais j’ai été très déçue par Le Potentiel érotique de ma femme de David Foenkinos, le chouchou de ces dames dans la zone. Je n’ai pas été conquise ; j’attendais mieux… Le début s’annonçait bien. Un type, Hector, qui « avait une tête de héros », décide de se suicider. Mais il rate complètement son projet en faisant un malaise dans les couloirs du métro ! Il passe six mois en maison de repos, histoire de se remettre et de soigner ses pulsions pour les collections de toutes sortes : « les timbres, les diplômes, les peintures de bateaux à quai, les […]
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Mercredi 28 mars 2007 3 28 /03 /2007 15:35


Le Passage de la nuit (publié chez Belfond) de Haruki Murakami fait partie des romans très attendus de la rentrée de janvier. C’est donc très enthousiaste que j’ai commencé la lecture de ce livre. L’idée de départ est original : c’est la nuit, à Tokyo, deux sœurs, au même instant, vivent des expériences étranges. La fuite du temps est au cœur de ce roman puisqu’une horloge dessinée au début de chaque chapitre nous indique l’heure. L’histoire est concentrée autour des deux sœurs : Eri et Mari. Ces sœurs sont très différentes : Eri est une jeune mannequin qui pose pour des magazines de mode. Celle-ci est plongée dans un profond sommeil. Mari, au contraire, veille dans un restaurant bas de […]
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Lundi 27 novembre 2006 1 27 /11 /2006 20:57


C’est un bien curieux roman que je viens de lire : Perdu le Paradis du néerlandais Cees Nooteboom. L’histoire mêle les époques, les pays et les genres. Dans le prologue, un homme, assis dans un avion, observe une jolie femme lisant. Il voudrait connaître le titre mais elle s’arrange pour ne pas le montrer. S’ensuit une réflexion sur la manipulation des livres par les femmes. Selon l’observateur, celles-ci sont extrêmement discrètes quant à ce qu’elles lisent. De leur côté, « les hommes ne lisent plus ». le prologue prend fin quand l’homme atterrit. Sans transition, deux jeunes femmes brésiliennes, d’origine allemande, Alma et Almut, sont présentées. Toutes deux sont passionnées par la […]
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Un journaliste américain dans la mafia japonaise

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Le reporter Jake Adelstein a suivi durant plus de 10 ans, la pègre de Tokyo pour le grand quotidien Yomiuri Shinbun. Il raconte ses relations parfois violentes avec les yakusa dans un livre surprenant : Tokyo Vice, An American Reporter on the Police Beat in Japan.

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dimanche 28 mars 2010

Sur fond de litige avec Google, le directeur de la Propagnade du Parti Communiste Liu Yunshan vient de donner à la presse chinoise, 18 sujets qu’il est interdit d’aborder.

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lundi 22 février 2010, par Emmanuel Lemieux

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Apprendre la rhétorique, un art démocratique

dimanche 31 janvier 2010, par Emmanuel Lemieux

Apprendre la rhétorique, un art démocratique Le goût de l’opinion pour les grands discours plutôt que les petites phrases politiques serait au goût du jour. La rhétorique, cet art oratoire de la persuasion, a été relancée par Barack Obama. Mais en France, autre grand pays de rhéteurs, elle n’est plus enseignée depuis 1905, déplore le philosophe Philippe-Joseph Salazar qui y voit un grave affaiblissement de la démocratie.

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Les idéologies ont implosé, les idées explosent
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Eric Besson et Stéphane Guillon : combien de morts sur France Inter ?

Politique. La colère d’Eric Besson, ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, survenue sur France Inter, suite à la violente chronique de Stéphane Guillon, fragilise un peu plus la rédaction vis-à-vis de sa tutelle.

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La France doit 21 milliards de dollars à Haïti

Histoire. Par solidarité après le séisme, des intellectuels comme Etienne Balibar, Edgar Morin, Patrick Savidan ou Alain Renault pétitionnent pour que l’Etat français reverse l’équivalent du tribut inique qu’il avait perçu d’ Haïti, durant plus d’un siècle, en l’autorisant à s’affranchir de l’esclavage. Mais d’autres sont réservés sur cette initiative.

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Silicon Valley silicosée par la crise

Influence. La Silicon Valley, en chute libre de financements publics et privés et moins attractive, va t-elle être supplantée par Austin ou Huntsville, comme nouveaux pôles d’innovation ?

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Le rêve nord-coréen de Jack Lang s’évapore

Géopolitique. L’administration Obama, le Japon et la Corée du Sud viennent de bloquer le projet d’un centre culturel français à Pyongyang imaginé par l’envoyé spécial de Nicolas Sarkozy.

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L’Annuel des idées a son quotidien

Editorial. En changeant de titre, nous renforçons nos liens journalistiques avec L’Annuel des idées, diffusé en librairie. Avec le même esprit de curiosité et le même appétit pour les débats intellectuels et les polémiques de l’actualité.

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L’avocat qui veut protéger l’islam, la Vierge Marie et Albert Einstein

Religion. Suite aux caricatures de Mahomet, un cabinet d’avocats saoudien préconise de criminaliser à l’échelle mondiale le blasphème mais aussi les caricatures des bienfaiteurs de l’humanité. Il vient de faire plier le quotidien danois Politiken. A quand Charlie Hebdo, Siné Hebdo et Le Canard Enchaîné ?

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Michel Maffesoli contre les petits cochons

Influence. Michel Maffesoli contre les petits cochons Pris à partie pour son sens du placement dans les instances de l’université et du CNRS, le sociologue a répondu par un méchant petit texte en ligne, intitulé "Notes sur la grippe "cochonne". Mais on peut lire aussi cet opuscule comme les confessions d’un chercheur "cool" et féroce apparatchik du système universitaire.

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Le Sénat adopte Victor Hugo

Géopolitique. Le nom de l’écrivain est désormais le fer de lance de l’action culturelle française à l’étranger. Les instituts Victor-Hugo rejoignent les Instituts Goethe et Cervantès. Mais pour quoi faire ?

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Des statistiques ethniques pour le halal

Sociologie. Alors que la chaîne Quick déclenche des polémiques en testant des hamburgers exclusivement halal dans huit de ses restaurants, un bureau d’études marketing pratique le comptage ethnique pour mieux cerner la consommation halal en France. En toute légalité.

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Un politologue dans le collimateur d’un conseiller de l’Elysée

Politique. Patrick Buisson, conseiller de Nicolas Sarkozy et PDG du cabinet d’études Publifact, poursuit en justice le politologue Alain Garrigou pour des propos tenus dans Libération. A t-il calomnié ou bien s’est-il exprimé dans le cadre de son travail de chercheur, protégé par la loi de 1984 ?

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Don Quichotte de Wozniak
En librairie


«  Des articles percutants  »  ; «  un ouvrage exhaustif  »  Nonfiction.fr

The question

(3) Que peut dire la métaphysique sur ces temps de crise ?

(3) Que peut dire la métaphysique sur ces temps de crise ? « Tout d’abord, je ne suis pas sûr de savoir de quelle "crise" vous parlez. La crise économique ? La crise des idéologies (mais elle a maintenant 30 ans...) ?
En tout cas, la spéculation métaphysique n’a, à mes yeux, rien à révéler - en temps de crise ou non. Elle répond à des questions que se posent certaines personnes, c’est tout. »

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Notes et opinions

La confusion des genres

par Arnaud Vojinovic

L’homosexualité et la transsexualité ne sont pas à proprement parlé des notions tabous en Corée du Sud, pourtant, dans une société fortement marquée par l’hétérosexualité, il est de l’ordre de l’impossible de vivre une sexualité différente au grand jour. Ces hommes et femmes font clairement partie des minorités sexuelles du pays et à ce titre souffrent d’une discrimination aussi bien dans le monde de l’entreprise que dans la société en générale.


Les régionales : une dangereuse hystérie rhétorique.

par Philippe-Joseph Salazar

La question de fond est : pourquoi des assemblées, pourquoi des notables, pourquoi des élections régionales, sinon pour donner de la jouissance à la classe politique ?


Vincent Peillon ou l’énergie cosmétique

La chronique de Ph.-J. Salazar

par Philippe-Joseph Salazar

Je sais bien que depuis la prolifération des politiques identitaires et de leur version post-Che Guevara, l’altermondialisme (qui est une politique de l’identité comme « alter », mais j’y reviendrai plus tard), ce mot « cosmopolite » fait vieux jeu, et même réac jouissif. Le cosmopolite est suspect d’aller en Thaïlande jouer à saute-mouton. Mais, voilà, je suis « cosmopolite », c’est comme ça que je vis, et comme ça que je pense. Et comme ça que je regarde la rhétorique à l’oeuvre dans la politique.

ArnoPetitPopo.com

Les mythos
d'Arnaud Viviant

BHL n’est pas seul

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Pour Taoufik Ben Brik

Il y a 1 commentaire à cet article.

Le journaliste, écrivain, poète Taoufik Ben Brik a été condamné à six mois de prison, après être tombé dans un traquenard de la police politique tunisienne. Samedi dernier, il a été jugé en appel, mais il est retournée en prison en attendant le verdict.

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Pop culture

Wasterlain, le disciple de dépression d’André Franquin

par Emmanuel Lemieux

Dupuis réédite les trois premiers albums de Docteur Poche. Signés Wasterlain, ces petits bijoux de la BD belge suscitaient l’admiration de Franquin. Quand deux dépressifs poétiques se rencontrent.

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Takashi Fukutani et ses mangas sales et méchantes

par Arnaud Vojinovic

Takashi Fukutani et ses mangas sales et méchantes Attention les yeux ! Entrer dans l’univers de Takashi Fukutani, alcoolique, déjanté et mort à l’âge de 48 ans, c’est découvrir ce que l’on veut ne surtout pas voir dans la société nippone : les pauvres, les losers et autres freaks sociaux. Une grande claque pas politiquement correct.

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Portnawak

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L'ANNUEL DES IDEES

L'Annuel des idées

Emmanuel Lemieux et Laurent Lemire

Février 09

288 pages
19.00 €

Isbn: 978-284941-114-8

Code sodis: 724515.0

www.amateur-idees.fr

Comment comprendre un monde de plus en plus divers et complexe ? Comment s’y retrouver dans l’immense masse de débats et d’opinions qui pullulent à cours d’année sur la planète ?

C’est pour permettre à tous ceux qui s’intéressent aux idées d’y voir clair et de se forger leurs propres opinions que cet Annuel des Idées a été conçu.

 

Publié tous les ans en février, en co-édition avec l’Amateur d’Idées, son objectif est de devenir un ouvrage de référence et un outil d’informations. Il abordera tous les sujets de société, de culture, de politique, d’économie, de philosophie, d’environnement, de sciences, … qui ont émergé en France et à l’étranger au cours de l’année passée.

 

A l’aide d’enquêtes et d’analyses, de synthèses et d’illustrations, l’équipe de L’Annuel des idées, sous la direction d’Emmanuel Lemieux et Laurent Lemire, permet de découvrir ou de mieux connaître toutes les tendances, les écoles, les personnalités qui ont ou auront une influence réelle sur le cours de nos sociétés.

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TEST NATHAN - LIVRE DE JEUNESSE

Internet & high-tech

Nathan teste avec succès le créneau du livre de jeunesse "augmenté"

Nathan a sorti une de ses encyclopédies-phares avec des animations en réalité augmentée, auxquelles on accède en présentant une image du livre à la webcam de l’ordinateur. L’objet surgit alors et s’anime sur l’écran d’ordinateur. second épisode de notre série sur la réalité augmentée, en vidéo.

Capucine Cousin | LEntreprise.com | Mis en ligne le 23/03/2010
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C’est un des premiers livres interactifs sur les inventions. En présentant une de ses illustrations face à la webcam de l’ordinateur familial, le logiciel installé sur l’ordinateur reconnaît la page, et lance aussitôt une animation sur l’écran... Soit une version animée de l’image à l'écran, sur laquelle l’enfant peut même prendre les commandes. Un hélicoptère décolle, un hors-bord navigue sur une masse d’eau, un camion de pompiers déplie son échelle, un synthétiseur prend forme sur l’écran... Bluffant.

Lancé pour Noël dernier, Dokéo - Comprendre comment ça marche ! (Joël et Clément Lebeaume, éd. Nathan, 24,90 €) est le premier livre à pouvoir être lu – et regardé - en réalité augmentée. Concrètement, la réalité augmentée permet d’insérer des éléments virtuels, parfois en trois dimensions (3D) dans un univers réel comme une photo, ou une image filmée. Elle peut se décliner sur ordinateur, via une webcam. Démonstration, en vidéo.

Pour sortir cet ouvrage innovant, Nathan a planché avec Total Immersion, une société spécialisée dans les solutions de réalité augmentée. A la clé : six mois de travail et « plusieurs dizaines de milliers d’euros en coûts de développement », d’après Jean-Christophe Fournier, responsable des documentaires jeunesse chez Nathan.

De fait, sur les 250 objets, véhicules ou bâtiments présentés dans le livre, 13 ont été modélisés en trois dimensions (3D), pour permettre aux lecteurs de l'ouvrage, équipés d'une simple webcam, de découvrir une maquette animée sur l'écran de leur ordinateur. Avec pour défi technologique, du côté de total Immersion, d’aboutir à une solution compatible avec différentes configurations informatiques, et aussi bien pour Mac et PC. L’ouvrage jouit d’un joli succès : les 25 000 premiers exemplaires se sont écoulés, une réédition est en cours. Pour les deux partenaires, l’enjeu sera de transformer l’essai, en lançant d’autres livres « augmentés ». Ils viennent déjà d’en lancer un second, Les animaux du futur édition 2010. Mais ils ne sont pas les seuls à se lancer sur ce créneau prometteur : des projets de livres de contes en réalité augmentée seraient à l’étude.

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21:10 Publié dans EBOOK | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

LE LIVRE A L'HEURE DU NUMERIQUE

Centre pour l'édition électronique ouverte
Read/Write Book - Marin Dacos (dir.)
Monopolivre

Le livre à l'heure du numérique : objet fétiche, objet de résistance

Milad Doueihi
p. 95-103

NdlR

Version originale disponible dans Les Cahiers de la librairie, Qu’est-ce qu’un livre aujourd’hui ? Pages, marges, écrans, Paris, Syndicat de la librairie française, Éditions de la Découverte, n° 7, 2009.

Texte intégral

1Le livre reste aujourd’hui, malgré le succès et l’évolution spectaculaires de l’environnement numérique, un objet de résistance et un objet fétiche.

2Objet de résistance car, dans sa simplicité apparemment inamovible, le livre semble, pour le moment, échapper au monde numérique. Il lui échappe en grande partie à proportion de ce que cette fixité enveloppe : un texte ; une invitation à lire ; une culture et une sociologie ; sans oublier des acquis juridiques et des pratiques commerciales.

3En ce sens, l’écart entre le livre imprimé et ses versions numériques met en lumière une double crise. D’une part, une incontestable fragilisation des métiers du livre traditionnel : éditeurs et libraires, notamment et en premier lieu, doivent imaginer un « nouveau livre », muté par les exigences et pratiques du monde numérique. Mais d’autre part, les échecs successifs jusqu’à présent des ebooks révèlent en creux le formidable pouvoir maintenu de l’objet imprimé : ils nous invitent à réfléchir sur le rôle culturel du livre – ainsi que sur les manières dont le livre numérique, dans ses versions actuelles et futures, façonne et réoriente, pour ne pas dire réinvente, la lecture ; enfin sur les possibles modalités suivant lesquelles le numérique peut accueillir, amplifier et transformer ce pouvoir.

4Le livre est aussi en ce sens un objet fétiche : comme entité, il échappe au monde numérique, alors que le « texte » ou le « document » (la différence entre les deux ayant d’ailleurs tendance à se creuser), sont les objets premiers de la matérialité virtuelle du numérique – au même titre que l’image et le multimédia.

5On le sait : un texte, un document ne forme pas nécessairement un livre… Mais alors qu’est-ce qu’un livre numérique ? Faut-il le penser exclusivement sur le modèle du livre imprimé, de ses formes, de ses contraintes et de ses pouvoirs ? Ou vaut-il mieux essayer de l’imaginer comme un objet nouveau, sui generis, un objet en quelque sorte « numériquement pur », qui ne garderait que des rapports lointains et minimaux avec son ancêtre imprimé, selon une évolution certes non destructive ? Dans ce cas, quels seront les enjeux cristallisés autour de ce nouvel objet ? Et quid de ses répercussions pour les métiers du livre : auteurs, éditeurs et libraires – mais aussi pour les lecteurs ?

  • 1 Quelques repères récents suffisent ici : Accueillir le numérique, http://www.accueilli Le rapport (...)

6Il faudrait enfin penser les effets d’une « double vie du livre » : le livre imprimé d’une part, mais qui resterait toujours disponible sur le réseau ; et d’autre part, le livre numérique à proprement parler, qui sera un objet « du » réseau, un objet « de » réseau1 ? Futur hybride donc, où le livre imprimé coexistera avec le numérique, chacun avec ses propriétés, ses modes de production et ses pratiques de lecture.

Le livre, paradis perdu du numérique ?

7Les projets de Google Books comme les projets des grandes bibliothèques numériques (Gallica est ici exemplaire) ont faussé, me semble-t-il, certains des véritables problèmes posés par l’émergence du livre numérique.

8Les bibliothèques et leur accès reposent toujours sur le vieux modèle du livre imprimé : son caractère de totalité organique ; les droits qui le caractérisent ; sa mise en page ; la fixité de sa présentation. Tous ces projets ne sont guère plus que des plateformes d’accès à des œuvres préservées telles quelles. Souvent exclusivement en PDF, ils se contentent de transférer le livre au format numérique, y adjoignant juste des possibilités de recherche et parfois (mais rarement) de manipulation du texte. Ces projets, malgré leur importance, ne posent pas la question du livre numérique comme objet nouveau. Manque une prise en compte de la matérialité propre du numérique.

  • 2 Il suffit ici de retracer toutes les analyses de l’encre et du papier électroniques, souvent réduit (...)

9Les historiens de l’imprimé et de la lecture nous ont beaucoup appris sur la complexité du livre, sur l’importance de ses supports matériels, de ses modes de production et de  distribution. Mais qu’en est-il du livre numérique ? La dimension « sensible » de la lecture et ses effets ont souvent amené les historiens à survaloriser l’exclusivité du livre imprimé2. S’il est vrai que tenir entre ses mains, « toucher » un livre jouent un rôle important dans l’appréciation de l’objet, il est tout aussi vrai que la navigation et le feuilletage numériques ont leurs plaisirs spécifiques, leurs esthétiques propres. Le refus de prendre en compte ces spécificités met seulement en relief l’idée que le livre reste comme un mètre-étalon, une norme utopique dans l’environnement numérique, un objet idéal et inaccessible. Comme si le livre était voué à rester toujours le paradis perdu du numérique…

La crise « culturelle » du livre imprimé

10Avant d’essayer de formuler quelques idées sur l’imaginaire du livre numérique (un imaginaire qui est en train de se fabriquer au jour le jour, indépendamment des éditeurs traditionnels et des contraintes imposées par l’objet imprimé), je voudrais rappeler quelques points essentiels pour le débat autour du statut du livre et de ses modes d’existence dans le monde numérique. Car, pour l’instant, une partie importante de la crise des métiers du livre découlent des mutations de la circulation du livre dans l’environnement numérique, laquelle modifie, non pas seulement la transmission des textes et leurs échanges, mais aussi les réseaux qui gèrent l’accès, la distribution et la vente du livre.

11Les débats autour du livre, en Europe comme aux États-Unis, illustrent la crise actuelle des institutions qui ont caractérisé ce qu’il conviendrait d’appeler « l’ère du livre imprimé » : la fonction d’éditeur comme agent intermédiaire garant d’une certaine qualité ; le rôle des libraires comme pôles d’accès au savoir imprimé ; les bibliothèques comme sites d’archivage et de catégorisation du savoir ; les institutions culturelles comme lieux de production du savoir ; enfin, les droits et privilèges associés à la fonction d’auteur, et leur dimension économique. Or, la majorité de ces institutions sont le produit d’une convergence culturelle et politique qui date des Lumières ; elles se trouvent aujourd’hui mises en cause par la nouvelle réalité de l’environnement numérique. La crise du copyright et de la propriété intellectuelle découle de la nature même de l’environnement numérique. C’est à la fois une crise des intermédiaires et une crise culturelle plus large.

12Ces acteurs intermédiaires, au lieu de résister des quatre fers au changement, doivent se réinventer : s’ils acceptent de le faire, ils joueront toujours, voire plus qu’aujourd’hui, un rôle déterminant dans l’environnement numérique en train de se construire. Ils ne seront plus comme des touristes découvrant un pays étranger qui les dérange. Ils deviendront au contraire des participants actifs dans ce monde plein de promesses, en quête de nouveaux repères et de nouveaux critères. Mais il leur faut d’abord reconnaître que cette mutation a un prix : l’abandon de certains acquis de l’ère du livre imprimé et l’adoption de nouveaux droits, avec leur valeurs économiques et morales, nés des pratiques courantes sur le réseau. En d’autres termes, les intermédiaires traditionnels doivent imaginer de nouvelles structures au lieu d’essayer de pérenniser arbitrairement les anciennes normes (parfois avec aveuglement) dans un contexte où elles ne peuvent plus fonctionner telles quelles.

13Car l’environnement numérique est avant tout le lieu d’une « nouvelle culture » qui, dans ses pratiques, fragilise et déconcerte les modèles actuels ainsi que leurs institutions.

14Cette culture ressort d’une économie de l’échange, de la présence, de la participation, de la réputation et de l’interactivité. D’où la futilité d’une gestion du monde numérique par un fiat juridique ! Si on ne saisit pas l’importance des pratiques qui ont transformé le réseau d’un simple lieu de recherche et de stockage de documents en un nouvel espace d’interactivité et de sociabilité, on n’arrivera jamais à concevoir tout le potentiel du livre numérique. Trop souvent, les essais des éditeurs, en s’aventurant dans le numérique, restent limités par le rôle symbolique des quelques concepts clés : l’auteur et ses droits, la fixité du document et son intégrité. L’insistance sur la primauté de ces concepts ne doit pas devenir un prétexte ni un paravent contre les dangers imaginaires de l’interactivité, ou contre les multiples possibilités de manipulation du texte qu’autorisent les mécanismes de lecture numérique actuelles. Les droits d’auteur (qui posent toujours des problèmes complexes) doivent eux aussi évoluer avec la nouvelle réalité numérique. Sans nécessairement les abandonner tels quels, il nous faut les réviser et les adapter au potentiel du numérique. Car les droits s’expriment non pas seulement dans des options économiques et juridiques (licences, etc.), mais aussi dans les choix de formats et de distribution sur le réseau.

PDF, CSS, XGPT… : la question symbolique des formats

15Le choix actuel des formatsest on ne peut plus instructif. La prééminence du PDF ne fait qu’affirmer la volonté de restreindre le livre numérique – ou du moins la numérisation des livres imprimés – à une fonction de reproduction exacte, de préservation ou, comme le dit Hadrien Gardeur, de « restitution » de l’original3.

  • 3 Voir à ce sujet son excellent billet, « ePub : ne pas se reposer sur ses lauriers », Feedbooks : Bl (...)

16En outre, le PDF équivaut effectivement, dans le cas du livre, à une Gestion de Droits Numériques (GDN) – laquelle se traduit souvent par une limitation de l’accès, de la distribution et de la manipulation de l’objet numérique. La GDN n’est donc que l’actualisation de l’héritage économique et institutionnel de la propriété intellectuelle, sans aucune prise en compte, ou presque, des réalités, des usages et des pratiques de l’environnement numérique. Ce hiatus ne cesse de ralentir sinon de bloquer le véritable développement du livre numérique dans tous ses potentiels. Certes la GDN est le symptôme du problème posé par la culture de la gratuité dans l’environnement numérique ; mais il ne faudrait pas non plus occulter le fait qu’elle sert surtout à véhiculer une conception limitée du livre-objet. L’expérience le montre : les internautes sont prêts à payer pour des livres adaptés à l’environnement numérique dans lequel ils socialisent, et qui n’appauvrissent pas leurs façons de lire et de naviguer. Plus encore, la GDN incarne l’écart actuel entre la grande majorité des éditeurs et les lecteurs « numériques » – écart qui risque de s’approfondir avec l’émergence de nouveaux formats numériques (les micro-formats, la popularité croissante des plateformes mobiles, etc.).

17La primauté du PDF montre aussi que les formats sont devenus le lieu d’un conflit autour du statut de ce qui, littéralement, « fait » un livre : la page de couverture, la typographie, la mise en page, et tous les éléments qui sont d’habitude associés au livre-objet. Le PDF vise à préserver l’original et ne laisse, en principe, aucune possibilité au lecteur de modifier l’objet numérique quant à sa présentation.

18Or, cette fonction de préservation (ou de restitution) n’est pas optimale du point de vue de la lecture numérique. Je cite encore l’article de Hadrien Gardeur :

  • 4 Hadrien Gardeur, op. cit.

À partir du moment où l’éditeur définit l’utilisation d’une police embarquée pour l’ensemble du texte, au lieu d’une utilisation pour des passages particuliers demandant une mise en forme précise (une lettre par exemple), il devient très complexe pour le système de lecture de faire la part des choses. Quand doit-il utiliser la police demandée par le lecteur à la place de celle précisée par l’éditeur ? Cette question d’ailleurs dépasse largement le cadre des polices embarquées, et touche aussi à la mise en forme CSS ou XPGT. Il faut introduire un élément qui est nouveau pour le monde de l’édition : contrairement au livre papier, l’éditeur ne doit pas imposer sa présentation, sa mise en forme. Il faut trouver un nouvel équilibre entre les éléments que l’éditeur considère comme devant absolument être mis en forme à sa manière, et ceux où il faut laisser un degré de liberté pour le lecteur4.

19Le problème est énoncé clairement : le choix de l’éditeur, qu’il soit motivé par une volonté de préservation et de respect de l’original, ou par un désir de maintenir un contrôle absolu sur l’objet numérique, entre globalement en conflit avec les façons de lire, à la fois matérielles et culturelles, qui ont cours dans l’environnement numérique. Le livre numérique ne saurait être un lieu de fixité : simple miroir, reflet ou reprise de l’imprimé. Il est, à l’image du monde numérique tout entier, un lieu d’échange et de communication : un objet interactif, susceptible de manipulations inadmissibles dans le monde de l’imprimé.

  • 5 Sur la compétence numérique, je me permets de renvoyer ici à Milad Doueihi, La Grande conversion nu (...)

20Plus encore, le livre numérique est l’espace où la nouvelle « compétence numérique » se déploie pleinement. Les éditeurs ont su promouvoir le livre, et bénéficier de ses avancées, en exploitant la compétence (l’alphabétisation) qui était essentielle pour le développement et la viabilité économique de la culture de l’imprimé. Or, le problème illustré par le choix du format représente un écueil dangereux pour les éditeurs (et par extension pour les libraires), car il les met en conflit direct avec la nouvelle compétence numérique, qui est à la fois un savoir-lire et un savoir-écrire nouveaux5. L’environnement numérique modifie, non pas seulement l’acception actuelle des droits de la propriété intellectuelle, mais aussi le statut des acteurs intermédiaires qui jusqu’à présent ont géré la production et la distribution des œuvres produites, et protégées, par ces droits.

Une nouvelle fracture numérique : le livre au futur antérieur ?

21Souvenons-nous que l’environnement numérique représente quelque chose d’unique dans notre histoire lettrée : il s’agit d’un assemblage de technologies qui se sont rapidement transformées en agents de sociabilité et de production de savoir. Comment comprendre dans sa dimension culturelle l’émergence de ce nouvel ordre dont nous sommes tous participants ? Par culturel, entendons ici les interventions, les échanges, les créations qui ont le pouvoir de « former » le regard (pour paraphraser Nietzsche) et d’« informer » les choix, qu’ils soient sociaux, politiques, économiques ou esthétiques. Or les choix des usagers et des lecteurs amplifient une nouvelle fracture numérique : non pas entre ceux qui ont accès au numérique et ceux qui ne l’ont pas ; ni entre ceux qui sont plus ou moins « experts » et les simples usagers ; mais bien le divorce entre les lecteurs en ligne lambda et les intermédiaires traditionnels – qu’il s’agisse des éditeurs, de la presse, ou même de l’université, pour ne rien dire des pouvoirs publics.

22Cette fracture numérique se révèle de plus en plus clairement avec les nouveaux formats et la popularité du mobile, car les micro-formats favorisent une autre façon de lire et d’écrire. Ils privilégient la « portabilité » libre aussi bien que l’anthologisation des objets numériques (texte, image, vidéo, etc.). Il s’agit donc non pas d’une rupture avec le passé, mais plutôt d’un retour à – ou peut-être faut-il dire d’une reprise ? – des usages lettrés qui nous étaient familiers, mais avec des enjeux renouvelés et cruciaux.

23Pour ne retenir qu’un exemple : l’érosion des différences entre auteur et lecteur telle qu’elle se déploie dans l’environnement numérique actuel est un écho fidèle des anthologies populaires de la Renaissance et des livres de « lieux communs » qui circulaient librement avant le siècle des Lumières. La culture numérique se constitue alors en avatar de pratiques lettrées répandues avant le xviiie siècle ! Ainsi, les utilisateurs d’aujourd’hui forment des sélections de textes, d’images, ou de n’importe quel matériel disponible sur la Toile, et partagent leur choix tout en l’insérant dans des contextes divers et souvent indépendants de leurs origines. Le lecteur devient auteur, non pas en éliminant la trace du créateur original, plutôt en « déplaçant » le morceau choisi, en lui trouvant un contexte inédit, en le faisant circuler dans le voisinage d’autres objets. Mieux encore, ces morceaux choisis peuvent circuler dans des espaces nouveaux, dans les mondes virtuels et dans des formats variables mais compatibles. Ainsi, le choix du format est un concentrateur de la conception de l’objet-livre : il devient un cas exemplaire des différentes options, parfois conflictuelles, qui se présentent quand on réfléchit sur l’avenir du livre et de ses supports.

24L’exemple de la tendance anthologique, associé aux formats émergents, est important car il illustre le fait que certains des aspects du monde numérique qui nous dérangent sont proches d’usages littéraires et poétiques. Plus important encore, ce décalage temporel et historique nous oblige à revisiter le rôle et l’influence des Lumières dans nos négociations actuelles avec les mutations inaugurées par l’ère numérique. Des modèles anciens, souvent oubliés, reprennent vie et nous donnent des moyens de mieux comprendre l’historicité d’un segment significatif de la culture numérique. Ils nous incitent aussi à évaluer autrement les dimensions performatives dans le contexte de la culture numérique et leurs effets culturels. Un « futurantérieur » qui s’enracine et se développe dans l’univers virtuel… Ainsi est-on nécessairement confronté à une temporalité caractéristique de la culture numérique : oubli et dépassement, mais aussi reprise et redéploiement. C’est pourquoi le livre reste l’objet le plus controversé : il enveloppe en lui une multiplicité de fonctions et de représentations actuellement en crise.

Sociabilité numérique : authonomy

25La lecture, à l’ère numérique, se complexifie. Elle maintient la lecture solitaire et silencieuse, mais elle y allie aussi la lecture publique (sur la sphère publique de l’« agora »numérique) sous forme de podcasts, mais aussi sous la forme d’échange de fragments, de bribes et de citations, ou encore de communication d’hyperliens, d’images et de vidéos. Cette lecture multiple réécrit nos rapports avec le livre comme l’un des foyers privilégiés de la lecture – et c’est en ce sens qu’il nous faut imaginer le livre futur, et le futur du livre, dans un monde de plus en plus virtuel et numérique.

26Autrement dit, la lecture numérique modifie radicalement le livre parce qu’elle est une lecture publique et collective, une forme de « lecture partagée », visible par tous, et sujette à la reprise ou à l’échange caractéristiques de la nouvelle sociabilité numérique. Cette nouvelle sociabilité résulte de la construction de communautés multiples sur la base de données « ontologiques ». Le modèle émergent de communauté qu’institue l’usage populaire des réseaux sociaux et de leurs extensions s’accompagne d’un mouvement très net : on s’éloigne du type hiérarchique d’organisation et de présentation de l’information, pour passer à un modèle « plus sémantique » et « ontologique », fondé sur la prolifération de catégories et de mots clés – qu’ils soient produits par les utilisateurs ou fixés centralement. Malgré toutes les difficultés que posent les mots clefs, ou tags, il est clair qu’ils ont ouvert la voie à une façon plus flexible et adaptable de marquer les documents publiés et de signaler l’intervention d’auteur. Un mot-clé, en tant que forme indépendante de lecture, associe une interprétation ou une appréciation contextuelle d’un objet (en général un fichier mais aussi un livre) à un lecteur qui devient aussi un auteur. Non seulement le tag modifie les relations entre l’auteur original et le document qu’il a rédigé, mais la différence qu’il introduit est numérique. Il déplace, ou du moins peut déplacer, la signification et la portée d’un objet numérique, et son statut dans la hiérarchie de production de sens, de son contenu vers une description associée qui lui est extérieure. Si cet outil peut souffrir, à certains égards, de l’étroitesse, voire de l’appauvrissement intellectuel, de ce que nous pourrions appeler une « culture du mot-clé », il n’en est pas moins capable, si l’on s’en sert correctement, d’ouvrir l’espace public à une nouvelle méthodologie pour mettre en valeur l’information et la transformer en nouveau savoir. Ainsi le livre comme objet pris dans ces circuits peut bénéficier d’une évolution inédite. En fin de compte, les mots clefs, produits de la culture du blog et des réseaux sociaux, manifestent, dans leur élargissement et leur extension, la souplesse du modèle communautaire – derrière les dépendances et variations subtiles à l’égard des modèles de la fonction d’auteur au sein d’un environnement numérique en pleine évolution. Ils introduisent, pourrait-on dire, une fonction d’« auteur au second degré », qui ne modifie pas le contenu original ni son attribution, mais le fait entrer dans un espace où il se trouve associé à une autre forme d’intervention d’auteur. Ce mécanisme peut s’appliquer à tout objet, à tout élément accessible via l’environnement numérique.

27La convergence de pratiques sociales, sinon virtuelles, de socialisation et de la technologie numérique, si elle est parfois aliénante, peut aussi faire passer de la passivité à l’activité, ou du moins à la participation. Des activités simples, comme l’attribution de mots clefs ou le commentaire, peuvent tenir lieu d’initiation, incitant peu à peu les utilisateurs à s’engager davantage et à se montrer plus aventureux dans leurs déambulations numériques. Ce sont autant d’opportunités pour de nouvelles interventions culturelles. Ces activités créent aussi des micro-communautés qui peuvent évoluer en regroupements plus importants sur la base d’affinités spécifiques et parfois étroites.

  • 6 http://www.authonomy (...)

28Un site récent, authonomy, lancé par HarperCollins, tente de transposer le succès et la popularité des réseaux sociaux dans le domaine du livre. Il ressemble à plus d’un égard à Facebook ou MySpace : il essaie de rassembler des auteurs, des éditeurs et des lecteurs6. S’il nous intéresse ici, c’est parce qu’il offre non pas une plateforme où publier (fonctionnalité répandue un peu partout aujourd’hui), mais bien parce qu’il essaie de transformer la popularité, la réputation et la dé-hiérarchie caractéristiques des réseaux sociaux en modèle de publication. Mieux encore, il crée un espace inédit habité par les éditeurs, les auteurs (actuels ou futurs) et les lecteurs : leur interaction crée une nouvelle réalité qui se traduit en livres publiés, ou publiables.

  • 7 James Long, « Inside Authonomy », The Digitalist, 21/08/08, http://thedigitalist consulté le 20 ju (...)

29Comme le note James Long, authonomy n’est pas un site d’éditeur comme les autres7. L’internaute ne vient pas y chercher un titre déjà existant ; il ne vient pas consulter un catalogue ou vérifier un titre ; il vient parce qu’il désire devenir un auteur, ou parce qu’il choisit de participer à une communauté qui décide, selon des critères explicites, de ce qui sera publié. Premier témoignage, ici, d’une transformation de la fonction d’éditeur inscrite dans la logique de la culture numérique. Mais cette première mutation en appelle bien d’autres : celles des institutions culturelles qui devront, un jour ou l’autre, s’adapter (sans nécessairement se sacrifier) au nouvel ordre numérique.

30Le livre, objet de résistance et objet fétiche : tel était notre point de départ dans cette réflexion sur l’interaction entre le livre imprimé et l’environnement numérique. Posons pour finir que la crise des métiers du livre est réelle mais qu’elle ne résulte pas des pratiques « anarchiques » des internautes. Elle se trouve au carrefour de conflits culturels et économiques qui ne font que commencer, et qui deviendront plus prononcés avec l’acceptation accélérée de la nouvelle sociabilité numérique. Dans ce contexte, le livre comme objet culturel privilégié se doit, grâce aux acteurs qui le font vivre, d’accompagner la nouvelle culture, de contribuer à sa formation – pas de s’en s’exclure.

Notes

1 Quelques repères récents suffisent ici : Accueillir le numérique, http://www.accueillirlenumerique.com/ ; Le rapport Patino sur le livre numérique, disponible en PDF : http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/conferen/albanel/rapportpatino.pdf ; les remarques de Roger Chartier sur les mutations du livre : http://www.laviedesidees.fr/Le-livre-son-passe-son-avenir... ; « Le Manifeste de l’éditeur numérique », publié par Sara Lloyd, disponible sur son blog et en PDF : http://thedigitalist.net/wp-content/uploads/2008/05/a-boo... ; et les réflexions de Jean-Michel Salaün sur l’économie du document : http://cours.ebsi.umontreal.ca/blt6355/a_propos/index.html), liens consultés le 20 juillet 2009.

2 Il suffit ici de retracer toutes les analyses de l’encre et du papier électroniques, souvent réduits à une reproduction virtuelle de la matérialité de l’imprimé. Or, l’histoire récente du numérique démontre que souvent les nouvelles technologies réussissent si elles sont associées à des pratiques inattendues et interactives. L’exemple le plus récent et le plus intéressant a été réalisé par Esquire pour la couverture de son 75e anniversaire.

3 Voir à ce sujet son excellent billet, « ePub : ne pas se reposer sur ses lauriers », Feedbooks : Blog français, 12/09/08, http://blog.feedbooks.com/fr/?p=82, consulté le 20 juillet 2009.

4 Hadrien Gardeur, op. cit.

5 Sur la compétence numérique, je me permets de renvoyer ici à Milad Doueihi, La Grande conversion numérique (Seuil, 2008), surtout p. 13-14 et 65-74.

6 http://www.authonomy.com/.

7 James Long, « Inside Authonomy », The Digitalist, 21/08/08, http://thedigitalist.net/?p=215, consulté le 20 juillet 2009.

Pour citer cet article

Référence papier

Milad Doueihi, « Le livre à l'heure du numérique : objet fétiche, objet de résistance », in Marin Dacos (dir.), Read/Write Book, Marseille, Cléo (« Coll. Edition électronique »), 2010, p. 95-103.

Référence électronique

Milad Doueihi, « Le livre à l'heure du numérique : objet fétiche, objet de résistance », in Marin Dacos (dir.), Read/Write Book, Marseille, Cléo (« Coll. Edition électronique »), 2010, [En ligne], mis en ligne le 25 mars 2010, Consulté le 30 mars 2010. URL : http://cleo.revues.org/155

Auteur

Milad Doueihi

Historien du religieux dans l’Occident moderne, philosophe et philologue, fellow à l’Université de Glasgow, il est notamment l’auteur de La grande conversion numérique (Seuil, coll. Librairie du xxie siècle, 2008).

Droits d’auteur

Tous droits réservés

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ACTUALITES LIENS

Livre virtuel, chômage réel : campagne anti ebook au Salon du livre

Mouais... du slogan bien tapageur et tape à l'oeil...

Rédigé par Nicolas Gary, le dimanche 28 mars 2010 à 08h19

Profitant de l'émulation qui règne alors que le Salon du livre vient de prendre ses quartiers à la porte de Versailles, une série de tracts anti numérique a sévi juste à l'entrée, collés en masse au détour de... bref.




Revendiquée par Livres de papier, dont on retrouvera chez Bellaciao l'ensemble des revendications, à travers un plan de déconquête du monde, l'organisation ne disposant pas même d'un site, on ne vous en dira pas plus. Mais nul doute qu'après ce petit papier, ils devraient prendre contact avec nous.

Extraits de la vindicte
LE MONDE QU’ON NE CESSE DE VOULOIR NOUS VENDRE, censé être plus pratique et plus rapide, obéit en réalité à une double volonté : créer de nouveaux marchés (comme lorsqu’une entreprise privée est payée par les pouvoirs publics pour installer du matériel électronique) et réduire la masse salariale (un vigile prendra la place de dix bibliothécaires avec des bornes de prêt efficaces).
ou encore
ENFIN, LA LOGIQUE DE LA NUMÉRISATION a besoin de chevaux de Troie (telles les bornes de cette bibliothèque ou les puces RFID servant à tracer chaque livre), pour s’insinuer au cœur de la chaîne du livre : les magnats de l’édition électronique (qui sont parfois aussi marchands d’armes) rêvent de profits colossaux grâce à la numérisation intégrale des fonds papier, sans se soucier des éditeurs et libraires, mais aussi correcteurs, imprimeurs, diffuseurs, etc.
et même
Ainsi, à l’inverse de la démagogie populiste faisant d’Internet le contrepoint populaire des librairies et bibliothèques élitistes, nous pensons que le livre est au cœur des possibilités d’émancipation collective et d’élévation culturelle : les bibliothèques, véritables lieux de mixité où se croisent des hommes et des femmes de tous âges, de toutes classes et de tous horizons, sont un des derniers outils de diffusion et de réappropriation collective des savoirs, là ou le numérique ne fournit que des contenus vidés de leur sens à des individus isolés devant leurs écrans.
Pas idiot, hein. Mais bon... un peu extrêmiste...



end
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Stef

Samedi 27 mar 10
à 19 h 08


Je ne comprends pas "que des contenus vidés de leur sens". En quoi le contenus n'a plus de sens en changeant de support?

Je suis désolée pour les libraires, mais je pense qu'ils ont déjà perdu la bataille depuis la vente en ligne par des géants comme Amazon (et les imprimantes individuelles laser pas cher pour les imprimeurs). La bataille était déjà perdue quand ils se battaient contre les frais de port gratuits d'Amazon...On ne parlait même pas des ebooks à ce moment.
Ce n'est que mon avis.
Betty

Dimanche 28 mar 10
à 08 h 19


Intéressant d'y réfléchir.
- point sur le développement de nouveaux marchés et de réduction de la main d'oeuvre n'est pas propre à cette activité. C'est l'histoire du capitalisme.
- que les professions autour du livre en fassent le frais, c'est exact. Exemple de l'imprimerie.
- Je ne suis pas contre le développement de l'e-book, mais à condition qu'on nous laisse nos bibliothèques, lieux de rencontres et d'échanges. Si on en vient comme pour d'autres services à ne plus avoir d'interlocuteurs, mais un répondeur idiot qui vous répond "pour ceci, taper sur la touche * de votre clavier téléphonique", alors il faut être vigilants
Quand aux contenus, il y a du bon comme du mauvais sur papier et sur internet. Encore faut-il pouvoir s'y retrouver s'il n'y a personne pour informer et conseiller mais surtout des gens empressés de vendre leur soupe.
Heureusement, nous avons ActuaLitté, qui nous donne des points de vue critiques et nous donne matière à réflexion. Alors merci d'exister.

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FORUM MARKETING- LES NEWS

Bonjour  william Elbez

Vous recevez ce message parce que vous êtes membre
de http://www.forum-marketing.com sous l'identifiant william Elbez

Parmi les sujets intéressants postés ces derniers jours sur le forum,
je vous recommande de lire:

Comment vendre un ebook ?
http://www.forum-marketing.com/-t-28247-0.html

Script de rappel immédiat pour site
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Solution CRM / EPR complet mais simple ?
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Attention aux poissons rouges
http://www.forum-marketing.com/-t-28558-0.html

Comment contourner les règles AFNIC ?
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http://www.forum-marketing.com/-t-28677-0.html

Mieux qu'une société offshore ! Une société à Wallis !
http://www.forum-marketing.com/-t-19489-0.html

La relance
http://www.forum-marketing.com/-t-28669-0.html

Adsense revenuesharing
http://www.forum-marketing.com/-t-28644-0.html

Par quoi remplacer Adsense au cas ou ?
http://www.forum-marketing.com/-t-28675-0.html

www.nom-du-site/blog ou www.nom-du-blog.com ?
http://www.forum-marketing.com/-t-28606-0.html

Mes campagnes Adwords ne sont pas efficaces !
http://www.forum-marketing.com/-t-28634-0.html

Recrutement de membres : les formules qui marchent ?
http://www.forum-marketing.com/-t-28592-0.html

Publicité sur un site
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Mots clé avec "faible volume de recherche" : que faire
http://www.forum-marketing.com/-t-28589-0.html

Un véritable casse-tête !
http://www.forum-marketing.com/-t-28517-0.html

Probleme de lecture de resultats
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Ciblage langue et pays Adwords
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positionnement... a ne plus comprendre ><
http://www.forum-marketing.com/-t-28498-0.html

Google vient de quitté la Chine
http://www.forum-marketing.com/-t-28622-0.html

Est-ce que vous êtes visible sur Internet ?
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Dites, si c’était vrai
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28/03/2010

LE SALON DU LIVRE

Salon du livre de Paris

 

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Le salon du livre 2010

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LUNDI, SOYEZ PRESENTS A 17 HEURES AU SALON DU LIVRE DE PARIS 2010, NOUS...

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Le Salon du Livre m'a tuer*

En l'espace de 36h, j'ai:- visité une chouette petite entreprise située à l'autre bout de Paris (et réussi à me paumer royalement en rebroussant chemin vers le métro, de sorte que retrouver la station Hoche située à 5 mn à pied m'a pris une demi-heure)- récupéré les Japan Rail Pass et les entrées pour le musée...

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Salon du livre de Paris: Grande affluence au stand du Congo

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Salon du livre de Paris : Conférence avec Imre Kertész

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La 30ème édition du Salon du Livre a ouvert ses portes

Le Salon du Livre de Paris a ouvert ses portes ce vendredi porte de Versailles. Pour son 30ème anniversaire, 90 auteurs français et étrangers de renom, espère attirer 200.000 visiteurs d'ici mercredi 31 mars. Le salon est marqué par un coup dur : le retrait du géant de l'édition Hachette, qui passe de 1.000m² de stand à 100m².

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Au Salon du livre de Paris, vol.3

De l'ambiguïté qui cohabite en chacun de nous...Sans transition aucune avec le message d'hier, le dernier volet de mes aventures au Salon du livre qui s'achèvent avec la très belle et amusante exposition du Studio Harcourt consacrée aux doudous et autres objets fétiches de personnalités célèbres. Cette série de photographies sera prochainement...

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Salon du Livre (porte de Versailles)

Lionel Jospin - Ancien 1er Ministre A droite : Paul Auster Raphaëlle Ricci Bettina Rheims (photographe) Charles Aznavour Mazarine Pingeot Philippe Gildas Guy Bedos et Stéphane Guillon Patrick de Carolis Photos prises hier après-midi au Salon du Livre (Porte de Versailles - Paris)

Le dernier article publié par un internaute sur Salon du livre de Paris :

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Titus et Bouboule au salon du livre de Paris du 13 au 18 mars 2009

Titus et Bouboule au salon du livre de Paris du 13 au 18 mars 2009 - titusetbouboule

Andréa Novick Dédicacera la collection des aventures de Titus et Bouboule au salon du livre de Paris Porte de versailles du 13 au 18 mars 2009 Les Titres de ses ouvrages. Titus et Bouboule au Japon Titus et Bouboule en Russie Titus et Bouboule en Amérique Titus et Bouboule à Hawaï Titus et Bouboule en Argentine Titus et Bouboule en Russie Titus et Bouboule en vadrouille Titus et Bouboule au festival...

Cliquez ici pour voir les commentaires dans leur intégralité

Nous y seront avec les petits élèves de nos écoles !


signé

Le groupe des petits normands ???????????????????

titusetbouboule - 16/12/2009 - 23:58

c'est avec plaisir que nous irons rendre une petite visite de sympathie
au salon du livre de Paris aux deux audacieux caniches nains Titus et Bouboule qui font la joie de nos enfants !
Ps avons nous besoin d'une invitation ?
la famille
Cordier et leurs enfants Chloé et Maxime de Dieppe 7600

titusetbouboule - 17/12/2009 - 00:15

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L'ERE DE L'EBOOK A SONNE




Par Daniel Ichbiah

Ebook : l'ère du livre électronique a sonné - 15/03/2010

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Après de nombreuses années de balbutiements, le livre électronique est enfin prêt à décoller. A la clé se trouvent une technologie d’affichage beaucoup plus confortable pour l’œil que les écrans rétroélairés actuels, une offre très vaste d’ouvrages disponibles sous forme numérique et des tablettes de lecture dont les prix deviennent abordables.

livre électronique
(Cliquer pour agrandir.) Le Sony Reader et son homologue papier. © Sony

Depuis quelques années on ne compte plus les modèles de lecteurs de livres électroniques : Sony Reader, Kindle 2 de Amazon, Cybook de Booken, QUE de Plastic Logic, Nook de Barnes & Noble, Iliad d'Irex ou bien en l'E150 de Boeye… Il reste à améliorer notablement la lecture des PDF qui demeure poussive sur les modèles d'entrée et de milieu de gamme, et à convaincre le grand public qu’il peut être bon d’acquérir un appareil dédié à la seule lecture de livres alors que des concurrents multi-fonctions semblent se dessiner avec les PC ultra portables, les Tablet PC ou même l’iPhone et autres smartphones aux écrans confortables !

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27/03/2010

WIKIPEDIA-LIVRE ELECTRONIQUE

Livre électronique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

(Redirigé depuis Ebook)

Un livre électronique, ou e-book, ou livrel, est un fichier électronique contenant un texte numérisé.

Sommaire

[masquer]

Désignation [modifier]

« Livre électronique », « livrel » (mot-valise), « livre numérique », ou « livre bibliothèque » sont les traductions françaises des termes anglais « electronic book », « e-book », ou « eBook » proposées par le grand dictionnaire terminologique de l’office québécois de la langue française[1]. Ces mots désignent parfois aussi bien le contenu (le texte en lui-même) que le contenant (l’appareil physique support permettant de visualiser le contenu).

Pour désigner en français l’appareil, on a proposé les termes « liseuse » ou « bouquineur ». Certains observateurs l'appellent cependant « livrel » par simplification.[2]

Histoire du livre électronique [modifier]

Article détaillé : Projet Gutenberg#Histoire.

Avant même la création d'Internet, Michael Hart créa en 1971 le projet Gutenberg, dont le but est de numériser des livres[3]. Le premier livre numérisé par le projet Gutenberg est la Déclaration d'indépendance des États-Unis dans un fichier de 5 Ko[4].

Les appareils livre électronique : les liseuses [modifier]

Lecture d'un livre électronique sur un ultraportable (XO-1)

Une liseuse est un dispositif technique qui permet de restituer un texte sous format électronique. C'est effectivement ce qui pourrait se rapprocher le plus du livre traditionnel : autonome, portable, léger, il permet uniquement la lecture plus quelques fonctions annexes autorisées par la miniaturisation des composants électroniques, sans que cela ne pénalise autonomie et taille.

L'appareillage qui sert à présenter des textes numérisés est le plus souvent un ordinateur portable de taille analogue à celle d'un ouvrage papier. Compte tenu des ressources limitées par la taille et de la spécialisation extrême de cette machine il est généralement uniquement possible de télécharger et lire des livres numériques.

Il faudrait ajouter que l'interface de lecture est pour l'instant majoritairement un écran, qui peut avoir différents formats (tout comme le papier), utiliser des technologies variées qui vont rendre l'affichage plus ou moins agréable, lisible (qualité du papier) et influencer la taille de l'appareil. Des écrans révolutionnaires nous sont promis pour ce type de machine, aussi simples qu'une feuille de papier dont l'encre s'écrit et s'efface de manière électronique. On voit notamment l'apparition croissante de liseuse fonctionnant grâce à l'utilisation de papier électronique, légers, souples, faciles à lire et consommant peu d'énergie. À la place d'un écran à lire avec les yeux, nous pouvons aussi imaginer une interface braille, des haut-parleurs ou autres interfaces peut-être encore à inventer.

En outre, puisque la liseuse permet de stocker plusieurs ouvrages, c'est plus une bibliothèque nomade qu'un simple livre numérisé.

Appareils basés sur la technologie du papier électronique [modifier]

Article détaillé : papier électronique.

Le papier électronique (ou encre électronique) est une technique d'affichage sur support souple (papier, plastique), modifiable électroniquement, cherchant à imiter l'apparence d'une feuille imprimée et qui, comme le papier, ne nécessite pas d'énergie pour laisser un texte ou une image affichée.

Nom du livre  ↓ Fabricant  ↓ Commentaire  ↓
Digital Reader 1000 iRex disponible en France
iLiad iRex disponible en France
Sony Librie en japonais
Sony Reader Sony disponible en France depuis octobre 2008
GeR2 Ganaxa
Jinke Hanlin Reader
Cybook Gen3 Bookeen disponible en France
Cybook Opus Bookeen disponible en France
Amazon Kindle en France depuis le 19 octobre 2009
Kindle DX disponible sur l'Iphone
disponible en France depuis le 19 janvier 2010
Boox 60 Onyx International disponible depuis mars 2010

Marché [modifier]

Aux Etats-Unis [modifier]

Le marché est dominé par Amazon, pour la fourniture des fichiers, avec le Kindle comme lecteur. La vente d'ebooks constitue moins de 3% du marché du livre. Les genres les plus populaires sont les romans d'amour et les romans d'amour érotiques[5],[6].

En France [modifier]

Le marché des liseuses est embryonnaire en 2008 (5 000 tablettes vendues), et progresse lentement en 2009 grâce au Sony Reader.

En 2008 et 2009, l'essentiel du marché concerne des fichiers qui sont lus sur les ordinateurs.

Le premier revendeur de eBooks en France en date est Mobipocket.com (filiale d'Amazon depuis avril 2005 [7]). Ses concurrents principaux sont Numilog.com (filiale de Hachette Livre depuis le printemps 2008 [8]), ePagine prestataire de solutions pour les librairies, immatériel.fr (distributeur et revendeur), Relay.com (également filiale de Hachette, mais côté presse), Cyberlibris (bibliothèque numérique sur abonnement), et aussi Didactibook (e-libraire spécialisé dans les ebooks pratiques)

Selon le magazine Challenges, la FNAC aurait déjà vendu 40 000 "livrels" depuis Novembre 2008. [9]

L'éditeur français qui fait le plus gros chiffre d'affaires sur le eBook est, en 2008 et 2009, le groupe Eyrolles qui publie ses livres electroniques notamment sur izibook.eyrolles.com.[réf. nécessaire]

La bibliothèque municipale de Boulogne-Billancourt a mis en place le premier service de prêt de tablettes Cybook (Cytale) en février 2002. La bibliothèque universitaire d'Angers et la Médiathèque municipale d'Issy-les-Moulineaux proposent en prêt des liseuses chargées de textes.[10].

Au Québec [modifier]

Le marché des liseuses reste marginal, mais il commence à prendre de l'ampleur depuis la sortie au Québec vers la fin de l'été 2009 des liseuses Sony Reader et de la première boutique de livres électroniques grand public (jelis.ca). En décembre 2009, seuls 1200 livres québécois avaient été numérisés, ce qui constitue un facteur limitant l'adoption du livre électronique.[11]

Depuis décembre 2009, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) offre un programme d'Aide à la numérisation qui rembourse aux éditeurs 50 % des frais de numérisation, plus 10 $ par titre, jusqu’à concurrence de 5 000 $, ce qui pourrait aider ces derniers à offrir une plus grande portion de leur catalogue.[12]

Notes [modifier]

  1. Entrée « Livre electronique » dans le Grand dictionnaire terminologique [archive], OQLF
  2. Désignation de l'objet livre électronique par des blogueurs https://www.blogger.com/comment.g?blogID=24292134&pos... [archive]
  3. Marie Lebert, Une courte histoire de l’ebook [archive], Études françaises de l’université de Toronto, 2009, page 11 « Chose souvent passée sous silence, Michael Hart est le véritable inventeur de l’ebook. Si on considère l’ebook dans son sens étymologique, à savoir un livre numérisé pour diffusion sous forme de fichier électronique, celui-ci aurait bientôt quarante ans et serait né avec le Projet Gutenberg en juillet 1971. »
  4. Marie Lebert, Une courte histoire de l’ebook [archive], Études françaises de l’université de Toronto, 2009, page 5
  5. Clément S., « Romans d'amour et érotiques cartonnent en version numérique [archive] », 4 août 2009, Actualitte.com. Consulté le 13 août 2009
  6. (en) Nicholson Baker, « The new page [archive] », 3 août 2009, New Yorker. Consulté le 13 août 2009. « (...) romance readers are major Kindlers. »
  7. (en) Amazon.com acquires Mobipocket http://www.drmwatch.com/drmtech/article.php/3499386 [archive] sur drmwatch
  8. Hachette s'offre le cyberlibraire Numilog http://www.actualitte.com/actualite/2195-Hachette-Numilog... [archive] sur actualitté
  9. http://www.linformaticien.com/Actualit%C3%A9s/tabid/58/ne... [archive]
  10. Prêt de liseuses électronique sur le site Issy.com [archive]
  11. Maxime Johnson, « Le livre électronique au Québec [archive] », 18 janvier 2010, Magazine Jobboom. Consulté le 18 janvier 2010
  12. Maxime Johnson, « Le livre électronique au Québec [archive] », 18 janvier 2010, Magazine Jobboom. Consulté le 18 janvier 2010

Voir aussi [modifier]

Liens internes [modifier]

Liens externes [modifier]

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Ils sont à la littérature ce que les baladeurs MP3 sont à la musique, nous voulons bien sûr parler des livres électroniques. Aussi appelés ebooks ou liseuses numériques, ces appareils proposent une approche de la lecture en phase avec l'ère du temps, résolument high tech. Un marché en plein développement qui fera assurément couler beaucoup d'encre… électronique !

Quatre livres électroniques


Un livre électronique, kézako ? Pour faire simple, il s'agit d'un appareil autonome doté d'un écran, d'une capacité de stockage et de boutons de navigation, le tout animé par un système d'exploitation basique. Leur rôle principal : afficher du texte, les modèles plus évolués pouvant aussi lire de la musique et des photos.

Outre leur aspect caractéristique (tablette ultra fine), ces appareils possèdent une spécificité bien particulière : la technologie d'affichage à l'encre électronique (E-Ink). Il s'agit à quelques détails près du même principe qui était utilisé à l'époque sur les ardoises magiques. Le système présente de multiples avantages. Déjà, l'encre électronique ne nécessite pas de rétro-éclairage. Le fond est plus ou moins blanc, l'écriture plus ou moins noire (4 à 16 nuances de gris selon les modèles), et c'est la lumière ambiante qui va créer le contraste. Pour lire dans le noir, il faut donc une source d'éclairage externe, comme avec un vrai livre.


Livre électronique_lumière ambiante variable

Le même livre éteint puis allumé avec une lumière ambiante variable


Cette absence de rétro-éclairage entraine deux conséquences : l'écran E-Ink est très fin et sa consommation électrique est quasi négligeable. En fait le livre électronique ne tire sur la batterie que lors des variations d'affichage (changement de page, affichage d'un menu contextuel, navigation, etc…). Il en résulte une autonomie impressionnante, exprimée d'ailleurs en pages tournées, oscillant entre 6 800 et 8 000 pages avec une charge.

Une offre croissante, mais encore limitée

Une liseuse, pourquoi pas, mais encore faut-il lui donner du contenu à afficher ! Deux options s'offrent à vous : la payante et la gratuite. Pour la gratuite, les sites ne manquent pas, et vous avez suffisamment de choix de formats de fichiers la plupart du temps pour être sûrs de pouvoir lire le livre sur votre appareil. Sont concernés les ouvrages classiques tombés dans le domaine public mais également quelques auteurs contemporains ayant décidé de laisser leurs écrits libres de droit (en utilisation privée) ou encore des auto-publications.

On citera par exemple :

Maintenant, il existe bien sûr une offre payante, constituée d'ouvrages plus récents. On citera dans cette partie les distributeurs suivants :

Et en anglais… :

Trois choses importantes à noter avant de vous ruer en ligne pour acheter. D'abord, les offres payantes ne proposent généralement qu'un seul format : ePub pour la Fnac et eSlickbooks, PRC pour Mobipocket, PDF pour Tousvoslivres, AZW pour Amazon, PDB pour Barnes and Nobles… Seul Numilog varie entre ePub et PDF. Vous devez donc impérativement vérifier dans les caractéristiques techniques quels formats sont reconnus par l'appareil.

Ensuite, il faut savoir que les livres payants sont protégés par des DRM, comme la musique vendue en ligne. Vous devrez donc :
  • veiller avant à la compatibilité de votre matériel avec la protection utilisée (un AZW ne peut être lu que par le Kindle d'Amazon, les DRM Mobipocket et Adobe ne peuvent pas cohabiter sur un même appareil…)
  • utiliser un logiciel approprié pour transférer l'œuvre sur votre livre électronique (Adobe Digital Editions pour les ePub et PDF, Mobipocket Reader Desktop pour les PRC, etc.)
  • faire avec les limitations usuelles (nombre de transferts, d'ordinateurs, d'appareils synchronisés…)

Enfin, notez que les catalogues numériques payants sont nettement moins riches que les catalogues papier. Et si vous êtes toujours en quête des dernières nouveautés, c'est du côté des bonnes vieilles librairies qu'il faudra vous tourner !

Voilà qui nous amène à la préconisation suivante : avant de se laisser tenter par un livre électronique, parcourez tous ces sites pour vérifier si vous trouvez suffisamment de contenu à votre goût. Au cas échéant, choisissez le modèle en fonction du support utilisé par les sites concernés. Sachez par ailleurs que les grands quotidiens proposent leurs journaux via un abonnement au format PDF (Le Monde, Libération, Le Figaro, Les échos…).

Amazon Kindle
Bookeen Cybook Opus
Foxit eSlick
Sony Reader PRS-600

De gauche à droite, les Amazon Kindle, Bookeen Cybook Opus, Foxit eSlick et Sony Reader PRS-600




Tableau récapitulatif


Modèles Amazon Kindle
Bookeen Cybook Opus
Foxit eSlick Sony Reader PRS-600
Caractéristiques
Taille d'écran 6 pouces (15,1 cm) 5 pouces (12,6 cm)
6 pouces (15,1 cm) 6 pouces (15,1 cm)
Résolution
600 x 800 pixels
600 x 800 pixels
600 x 800 pixels
600 x 800 pixels
Technologie d'affichage
E-Ink, 16 niveaux de gris E-Ink, 4 niveaux de gris E-Ink, 4 niveaux de gris
E-Ink, 8 niveaux de gris
Ecran tactile
Non
Non
Non
Oui
Dimensions
203,2 x 135 x 9,1 mm 152 x 108 x 11 mm 188 x 118 x 9,2 mm
175 x 121 x 9,5 mm
Poids
291 g 152 g 192 g 281 g
Formats supportés
AZW, TXT, MOBI (sans DRM), PRC, PDF (HTML et DOC via conversion)
PDF, ePub, HTML, TXT, Palm Doc PDF, ePub, PDB, TXT ePub, BBeB, PDF, TXT, RTF, DOC
Formats image
JPEG, GIF, PNG et BMP via conversion JPEG, GIF, PNG GIF, BMP, JPEG, PNG JPEG, GIF, PNG, BMP
Formats audio
MP3, Audible Non
MP3 MP3 et AAC sans DRM
Mémoire interne
2 Go (1,4 Go dispo) 1 Go 512 Mo
512 Mo (393 Mo dispo)
Extension de mémoire
Non
Carte Micro SD (16 Go max) Carte SD (4 Go max)
Cartes SD et Memory Stick (2 x 16 Go max)
Connectique
Micro USB, jack audio 3,5 mm Mini USB Mini USB, jack audio 2,5 mm Mini USB, jack audio 3,5 mm
Sans fil
Oui, 3G
Non
Non
Non
Autre Haut-parleurs intégrés
Accéléromètre Non Tout aluminium
Saisie Clavier physique QWERTY 45 touches Non Clavier virtuel QWERTY 59 touches Clavier virtuel AZERTY 31 touches ou écriture manuscrite
Boutons de navigation 8 boutons + joystick 5 directions 5 boutons + joystick 4 directions 7 boutons + joystick 4 directions 7 boutons + tactile
Accessoires fournis Câble micro USB, adaptateur secteur (USA), couverture cuir Câble mini USB, housse cuir
Carte SD 2 Go, câble mini USB, adaptateur secteur, écouteurs, adaptateur pour jack 3,5 mm, logiciels Foxit Reader Pro Pack et PDF Creator Câble mini USB, housse néoprène, stylet, logiciel eBook Library

Les commentaires des lecteurs

_
le 25 Janv. 10 à 11h46
Edition
Message très intéressant
Le livre électronique : presque aussi pratique qu'un vrai livre, mais avec des piles et des DRM. A croire que les éditeurs papier sont jaloux des éditeurs de musique : "nous aussi on veut être piratés !"
Edité le 25/01/2010 à 11:47
le 25 Janv. 10 à 11h46
Edition
Je voulais offrir un PRS-600 pour les 30 ans d'un copain. Mais l'offre en livres electroniques m'a totalement refroidi !!!! Y'a pas que Marc Lévy, hein... Très décu de ce côté là.
le 25 Janv. 10 à 11h47
Edition
Ils ont rien appris avec la musique et ils vont encore taper sur les consommateurs en les traitant de pirate. Personnellement j'ai un livre électronique et j'ai pas envie de piraté les livres, mais si je ne trouve pas les livres dans un format compatible avec mon prs600 alors qu'une version électronique existe je pense que je la piraterais.
le 25 Janv. 10 à 11h48
Edition
Avant on pouvait faire des photocopies (devoir oblige étudiant, lycéen, etc..)
si la généralisation et la disparition des ouvrages papiers

Alors comme faire les photocopie si tout est maintenant sous DRM ?
Edité le 25/01/2010 à 11:51
le 25 Janv. 10 à 11h51
Edition
C'est marrant que comme par hasard à l'approche de la Keynote et de la probable "Islate" de Apple, tous les médias se concentrent sur le "ebook" pourtant décrié auparavant...
Triste de voir que tout le monde table sur Apple pour booster un marché...
le 25 Janv. 10 à 11h51
Edition
Message intéressant
..."La jeune génération baignée dans le tout numérique"...

Rien ne vaut et ne vaudra l'odeur du papier d'un livre neuf qu'on ouvre et le délectement de découvrir son histoire au fil des pages que l'on tourne ainsi que l'émerveillement devant les 700 pages restantes à lire et la grosseur du bouquin !
Edité le 25/01/2010 à 11:52
le 25 Janv. 10 à 11h52
Edition
Avec les tablettes tactiles qui arrivent je ne vois pas trop l'interet d'un Ebook...
le 25 Janv. 10 à 11h54
Edition
Pour certains truc je comprend l'utilité, comme les manuels scolaire etc...
Mais pour les livres de loisirs je reste dubitatif.
Le format poche reste sacrément pratique. (D'où le nom ^^)

Et puis ca fait cher la bibliothèque à remplir de Kindle et co sur une étagère...
le 25 Janv. 10 à 11h55
Edition
philou72 a écrit:
Avec les tablettes tactiles qui arrivent je ne vois pas trop l'interet d'un Ebook...
Pas la même technologie, et le e paper est bien moins fatiguant aux yeux qu'un écran numérique

djill a écrit:
C'est marrant que comme par hasard à l'approche de la Keynote et de la probable "Islate" de Apple, tous les médias se concentrent sur le "ebook" pourtant décrié auparavant...
Triste de voir que tout le monde table sur Apple pour booster un marché...

ce sont 2 marché complètement diférent...
le 25 Janv. 10 à 11h55
Edition
Message très intéressant
pour moi l'idéal serait que quand tu achètes un livre papier tu puisses avoir la version électronique avec, comme ça tu gardes le gros pavé papier chez toi et quand tu te déplaces tu prends la version électronique.
le 25 Janv. 10 à 12h00
Edition
faufdrait que je regarde si le kindle permet d'avoir la version epaper du FT auquel j'ai droit, ca m'arrangerait bien (culé de voleur qui me le pique le matin si je ne l'ai pas pécho avant )
le 25 Janv. 10 à 12h00
Edition
faudra que je teste ça pour voir : photocopier une page de mon ebook :-p
le 25 Janv. 10 à 12h05
Edition
La perspective de voir disparaitre les imprimeurs me fait un peu peur.

Autant la disparition de l'industrie du disque, DVD etc ... me fait ni chaud ni froid; autant le papier ...
le 25 Janv. 10 à 12h06
Edition
Les éditeurs français craignent de perdre une manne financière avec l'avènement du livre électronique.
Pourtant, aux usa, le pas à été franchis sans difficulté.
On trouve les livres électronique à des pris défiant toutes concurrence ! parfois même le 1er tome d'une série est gratuit.
Les éditeurs français vont donc inciter aux piratage, et la, ils n'auront d'autre choix que de proposer une offre raisonnable.
Le livre électronique, c'est également la liberté pour ne nombreux auteurs de distribuer leurs œuvres sans être dépendant des éditeurs. Et ca, c'est un grand pas pour la culture !
Vive le livre électronique !
le 25 Janv. 10 à 12h09
Edition
l'édition en france se foutait déjà de la gueule du monde avant; heureusement qu'il y avait Amazon, pour rétablir au minimum un marché sain.
le 25 Janv. 10 à 12h11
Edition
MmistakenMobius a écrit:
philou72 a écrit:
Avec les tablettes tactiles qui arrivent je ne vois pas trop l'interet d'un Ebook...
Pas la même technologie, et le e paper est bien moins fatiguant aux yeux qu'un écran numérique

djill a écrit:
C'est marrant que comme par hasard à l'approche de la Keynote et de la probable "Islate" de Apple, tous les médias se concentrent sur le "ebook" pourtant décrié auparavant...
Triste de voir que tout le monde table sur Apple pour booster un marché...

ce sont 2 marché complètement diférent...

Je n'en suis pas si sûr, mais je prefere ne pas me prononcer avant la présentation officielle car je ne peux pas baser une argumentation sur des rumeurs...
le 25 Janv. 10 à 12h25
Edition
Personnellement je possède le cybook opus. C'est un très bon produit. Le gros reproche que je lui fait est l'absence de gestion de signet.
Pour moi et comme le dit l'article, l'intérêt principal du e-book est essentiellement pour les personnes qui achètent beaucoup de livre. Le gain de place quoi.
Le problème actuel reste quand même l'offre. On est carrément loin des sorties en librairie etc...La dessus je dit vivement la démocratisation et une offre équivalente !

neo673 a écrit:

Rien ne vaut et ne vaudra l'odeur du papier d'un livre neuf qu'on ouvre et le délectement de découvrir son histoire au fil des pages que l'on tourne ainsi que l'émerveillement devant les 700 pages restantes à lire et la grosseur du bouquin !

Nostalgie quand tu nous tiens ^^. Ceci est ton avis personnel bien sur. Moi je lis beaucoup, mais le support m'importe peu.

cis.snakeman a écrit:
Pour certains truc je comprend l'utilité, comme les manuels scolaire etc...
Mais pour les livres de loisirs je reste dubitatif.
Le format poche reste sacrément pratique. (D'où le nom ^^)
Et puis ca fait cher la bibliothèque à remplir de Kindle et co sur une étagère...
Le format poche est certe pratique mais quand tu en achète beaucoup ça prend quand mêem de la place . Pour ce qui est du prix c'est clair qu'il y a un gros effort à faire !

gaut a écrit:
pour moi l'idéal serait que quand tu achètes un livre papier tu puisses avoir la version électronique avec, comme ça tu gardes le gros pavé papier chez toi et quand tu te déplaces tu prends la version électronique.
Je suis parfaitement d'accord. A condition que se ne soit pas automatiquement lié, je veux dire par là que l'on puisse acheté des e-book sans s'encombrer forcément du livre (c'est un peu l'intérêt qd même).


philou72 a écrit:
Avec les tablettes tactiles qui arrivent je ne vois pas trop l'interet d'un Ebook...
Actuellement ça n'a franchement rien à voir.
Edité le 25/01/2010 à 12:26
le 25 Janv. 10 à 12h27
Edition
l'absence d'accéléromètre est présentée dans l'article comme un défaut, on voit bien que les testeurs n'ont pas lu en position couchée: dans ces cas-là, on est bien content que l'écran ne bascule pas. Je préfèrerais nettement avoir un bouton dédié (c'est vrai qu'aller fouiller dans le menu pour basculer l'affichage est pour le moins dissuasif) pour les cas où c'est nécessaire.
le 25 Janv. 10 à 12h29
Edition
Le livre papier et electronique sont complémentaires, pas concurrents. Perso mon ebook est super utile en déplacement, dans le bus, pour rassembler et lire des docs en PDF ou autre etc. Pour les romans je lis plus naturellement des livres papier.

Après cette histoire de DRM est vraiment une honte ici: Sous pretexte de protéger les droits d'auteur, il est évident qu'Amazon et autres souhaitent avoir des exclusivités. Donc pour avoir le droit de lire tel ou tel livre il faudra tel ou tel eBook.

Heureusement c'est tellement stupide que cela ne marchera pas, cela plomberait le marché et seuls les lecteurs lisant un peu de tout marcheront, une fois finie la hype du Kindle.

Par contre si Apple s'y met et fait un eBook pur, là il y a du souci à se faire, ils cont probablement le vérouiller à bloc come d'hab'. Quoique... On reviendra au 100% papier si on veut pas des contraintes Apple et de iTunes et des formats fermés etc...
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