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30/09/2009

SALLY SAPIRO

Sally Shapiro
Votre avis : 6/6

Entrevue - 28/09/09 de Sally Shapiro

interviews
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Un mois après la sortie de My Guilty Pleasure, magic rpm a tenté d'approcher la farouche princesse de l'Italo-disco made in 2009, accompagnée de son musicien-producteur-coach musical Johan Agerbjörn. Malgré sa réserve notoire, celle que l'on appellera Sally à défaut de connaître son vrai nom, nous livre ici quelques secrets de fabrication du nouvel album. Et nous avoue que deux ans après le premier disque du duo, faire de la musique est enfin devenu un plaisir... [Interview Catherine Guesde].


magic rpm :
Sally Shapiro, c'est un pseudonyme pour la mystérieuse demoiselle qui chante, ou c'est le nom du projet ?
Sally : Les deux. Au début, je voulais me trouver un pseudonyme, et je voulais faire comme dans les années 80, où les groupes de disco avaient des noms faits d'un prénom et d'un nom de famille. Mais maintenant, je pense que c'est plutôt le nom du projet. C'est un peu les deux en fait.

Donc on peut vous appeler Sally ?
Sally : Oui !

Et ce pseudonyme... On insiste généralement sur votre timidité, mais le fait d'adopter un autre nom peut aussi avoir une justification artistique. C'est le cas, pour vous ?
Sally : Les deux, encore une fois (rires). Il y a cette référence aux groupes des années 80 (Valerie Dore, par exemple). Mais Sally Shapiro, c'est un peu moi aussi, ou plutôt, c'est mon côté romantique, et c'est aussi la part romantique de Johan.

Le mystère autour du groupe, ça fait partie d'une certaine esthétique ?
Sally : Au départ, il s'agissait de raisons personnelles. Tout d'un coup, avec Disco Romance, les gens ont voulu connaître plein de choses à mon sujet, et je ne m'étais pas du tout préparée à ça. Le fait de se cacher derrière un pseudonyme est venu naturellement, comme une protection. Puis on a vu que ça créait du mystère, ce qui n'était pas le but au départ. Et en fait, l'anonymat est plutôt confortable.

Ça vous donne plus de liberté, de pouvoir vous cacher derrière un pseudonyme ?
Sally : Oui, d'une certaine façon ça nous permet d'exprimer des choses qu'on ne montrerait pas aussi facilement, comme par exemple notre côté romantique. Ça permet d'échapper un peu au jugement des gens, qui ne se diront pas que c'est moi qui suis comme ça, mais que c'est Sally Shapiro.

My Guilty Pleasure est un titre intrigant : quel est ce plaisir dont il est question, et pourquoi serait-il "coupable" ?
Johan : On a souvent lu que les gens qui écoutent de la disco considèrent que c'est leur petit "plaisir coupable". Pour nous aussi, dans certaines situations, c'est notre plaisir coupable. Le disco n'est pas ce qu'il y a de plus branché : c'est sentimental, c'est doux, ce n'est pas un truc de gros durs... A l'opposé d'un groupe comme Justice par exemple. Ce n'est pas de la musique cool.

Comment avez-vous travaillé sur ce disque ?
Sally : D'habitude, Johan arrive avec une idée de chanson, il joue un peu ce qu'il a composé, et puis je lui dis ce que j'aime, ce que je voudrais changer, et il adapte en fonction de mes remarques. Puis Johan s'occupe de la production. En ce qui concerne les textes, c'est moi qui les écris, ou alors on les écrit ensemble. En fin de compte, c'est moi qui les chante...

Et vous vous reconnaissez dans ces textes ?
Sally : Oui, la musique est inspirée des sentiments de Johan ou des miens. Parfois, on invente des histoires qui servent de prétexte pour exprimer ces sentiments qui, eux, n'ont rien de fictif. Certaines histoires sont vraies, aussi.

Et au niveau des arrangements ?
Johan : J'utilise aussi bien des synthétiseurs hardware que des instruments virtuels sur mon ordinateur. Je travaille d'abord avec sur le piano, sur des sons. J'ai pas mal travaillé avec Roger Gunnarsson, qui m'a aidé pour Love In July, et Miracle

Vous avez fait une reprise de Dying In Africa de Nicolas Makelberge. Pourquoi avoir choisi ce titre en particulier ?
Sally : On aime tous les deux beaucoup ce morceau. Je trouve qu'il exprime très bien le sentiment d'un amour perdu ; on se dit que quelque part dans le monde, il y a des gens qui ont une vie bien plus difficile que la nôtre.
Johan : On a mis du temps à aimer cette chanson, mais maintenant on l'adore.

Vous auriez pu l'écrire ?
Johan : C'est le genre de morceau qu'on aurait pu ou voulu écrire. Mais le son de Nicolas Makelberge est différent du nôtre.

Est-ce que vous avez l'impression d'avoir progressé dans votre façon de faire de la musique ?
Johan : La production s'est développée. Au début on voulait un son qui ressemble à celui des années 80, mais comme notre son était assez actuel, on s'est dit que ce n'était pas la peine de faire semblant d'être dans les eighties. La production est peut-être plus nette aussi, plus "propre". Les morceaux sont plus courts, plus pop.

Et est-ce que Sally se sent plus à l'aise pour chanter, notamment lors de l'enregistrement en studio ?
Sally : Oui. Avant, Johan devait vraiment me convaincre d'entrer dans le studio pour enregistrer. Maintenant, je trouve ça plus facile, et ça m'amuse même d'enregistrer des morceaux. J'y prends beaucoup plus de plaisir qu'avant, et j'ai plus confiance en moi.

Comment en êtes-vous venus à la musique ? Et qu'est-ce qui vous a décidés à y consacrer plus de temps ?
Johan : J'ai pris des cours de piano quand j'étais petit, ça a duré dix ans. J'ai aussi chanté dans des chorales, donc j'ai grandi entouré de musique. J'ai commencé à m'intéresser à l'électro vers 14 ans. Je me suis acheté un clavier et je me suis mis à faire de la musique moi-même.
Sally : J'ai également pris des cours de piano, et j'ai chanté dans une chorale. Et puis en Suède, on est encouragé très tôt à suivre une formation musicale.

Ce serait une explication de la profusion de bons groupes de pop en Suède ?
Sally : Oui, ça pourrait être une des raisons. Parce que tout le monde apprend à jouer d'un instrument très tôt, et du coup presque tout le monde est dans un groupe de musique avec des amis.

Dans votre musique, il y a à la fois quelque chose d'un peu intime et sentimental, et en même temps ça reste du disco. Du coup, on se demande comment il faut écouter Sally Shapiro : plutôt chez soi, ou en boîte pour danser ?
Sally : Plutôt tout seul chez toi. Mais dans un deuxième temps on peut aussi danser dessus.
Johan : C'est une bonne question, parce qu'on a la réputation d'être un duo disco. Mais en fait, peu de nos morceaux sont faits pour la piste de danse. L'autre soir, à la release party de My Guilty Pleasure, j'ai mis  Miracle et Save Your Love. Mais sur une grande partie des titres, il faut attendre une minute avant d'entendre les percussions, ou alors il y a des pauses sans batterie. Quand je me risque à passer ces titres en soirée, je sens bien que l'énergie retombe. Et puis j'ai grandi en écoutant de la disco chez moi ; j'étais dans une petite ville où il y a peu de bonnes boîtes de nuit. Donc j'envisage ma musique comme quelque chose qui s'écoute à la maison, mais bien sûr on peut la mettre dans des clubs aussi.

Faire de la disco en 2009, est-ce que ça implique de faire des va-et-vient savants entre le passé et le présent ?
Johan : Aujourd'hui, on est très nostalgiques des années 80. Avant, des groupes comme Modern Talking ou Mylène Farmer étaient dans le top 10, ils faisaient partie de ce que tout le monde écoutait. Maintenant, la musique disco connaît un nouveau succès, mais dans le domaine de la musique indépendante. Ça s'adresse à un cercle plus confidentiel, à des gens qui sont vraiment fans de musique et qui suivent l'actualité d'un certain milieu. Du coup, ça se ressent au niveau des moyens de production de la musique. En même temps, toute la technologie est bien moins chère, et on peut faire de la musique chez soi. Donc le changement d'époque a des effets directs à ce niveau-là. En ce qui concerne le son, sur notre premier single, I'll Be By Your Side, on a essayé de faire un son très eighties. Mais maintenant, ça ne me préoccupe plus trop. On fait juste la musique qu'on a envie de faire.

Dans plusieurs groupes suédois, on a l'impression qu'il y a une mélancolie assez douce et discrète. Est-ce que vous avez l'impression que la "mélancolie scandinave" existe, et si oui, en quoi est-ce que ça influence votre musique ?
Johan : Oui, il y a quelque chose de ce genre. Ça s'entend surtout sur le folk en provenance de Scandinavie. Donc il doit y avoir une sorte d'héritage culturel. On doit subir cette influence, mais de manière tout à fait inconsciente, parce qu'on n'écoute pas trop de folk. Mais dans l'Italo-disco il y a aussi de la mélancolie, donc ce n'est pas purement scandinave.

Donc on ne peut pas parler de swedish-disco ?
Johan : Le revival de l'Italo-disco concerne en effet surtout le nord de l'Europe : la Norvège, la Suède, la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Mais je ne parlerais pas de swedish-disco : on est bien trop mondialisés pour ça...

Si vous n'aviez pas fait de la musique, que pensez-vous que vous auriez fait ?
Johan : Je fais d'autres choses aussi. Je fais des études de psychologie. Et puis Sally et moi nous avons des engagements politiques, du côté de l'écologie.

Toujours pas de projet de concert ?
Sally : Non, je ne crois pas. Je n'ai pas envie de chanter devant des gens, je ne pense pas que le résultat serait bon. Et puis je ne pense pas que la vie de tournée me plairait. Si j'avais vraiment envie de voyager et de faire une tournée, je pense que je pourrais surmonter ma timidité, mais ce n'est pas le cas.
Johan : Pas de projet de tournée. En revanche, on va enregistrer un morceau avec Anoraak. On l'a connu grâce à notre titre Anorak Christmas, pour lequel il nous a contactés. Il l'a remixé, et puis comme il a aimé travailler avec la voix de Sally, on va faire un morceau ensemble. On aime bien ce qu'il fait.

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