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30/09/2009

LA CROIX - BIBLIOTHEQUE NUMERIQUE EUROPENNE

Où en est Europeana, la bibliothèque numérique europeenne ?



Le site de la bibliothèque numérique européenne, encore à l’état de prototype, n’exclut pas de travailler avec Google

Alternative européenne à Google Livres, Europeana a été malheureusement un peu oubliée en raison d’un lancement chaotique. Mise en ligne le 20 novembre dernier, Europeana.eu était presque aussitôt inaccessible, victime de son succès (10 millions d’internautes s’y étaient connectés la première heure !) et de capacités d’accueil trop restreintes.

« Depuis, nous avons doublé le nombre de nos serveurs », assure Jonathan Purday, responsable de la communication de la bibliothèque européenne, qui refuse toutefois de donner les chiffres de la fréquentation actuelle. « Ce n’est encore qu’un prototype. La version définitive sera lancée en juillet 2010. »

Un prototype qui offre d’ores et déjà un accès virtuel à 4,6 millions de livres, cartes, tableaux, archives audiovisuelles provenant de tout le continent. « L’objectif des 10 millions de documents en 2010 sera sans doute atteint », avance prudemment Jonathan Purday. Au regard des 2,5 milliards de livres et de périodiques reliés comptabilisés en 2001 à travers les bibliothèques de l’Union, c’est peu.

Restent des obstacles financiers

Viviane Reding, commissaire européenne chargée de la société de l’information et des médias, s’en est inquiétée à la fin du mois d’août : « 5 % seulement de tous les livres numérisés de l’UE sont disponibles sur Europeana. Je remarque aussi que presque la moitié des œuvres numérisées proviennent d’un seul pays, tandis que la contribution des autres pays de l’Union reste beaucoup trop faible. »

Selon les chiffres de la Commission, 47 % des documents viennent de France (INA, BNF), 15 % d’Allemagne, les autres États membres étant à moins de 10 %. « Chaque pays est responsable de la numérisation de ses documents, explique le porte-parole d’Europeana. Le problème est que beaucoup d’États n’ont pas d’organisme national et centralisé, comme c’est le cas en France. Mais beaucoup font des efforts dans ce sens. »

Restent aussi des obstacles financiers. Le budget d’Europeana pour la période 2009-2011 est de 7,75 millions d’euros, financé à 80 % par l’Europe. Jusqu’en 2013, la Commission pourra continuer à apporter un soutien à hauteur de 9 millions d’euros. En complément, « nous utilisons tout un réseau de partenaires européens qui contribuent bénévolement à la construction d’Europeana », souligne Jonathan Purday.

"Il est possible que nous travaillions avec Google"

Et Google ? « Nous ne sommes pas concurrents, mais complémentaires. Ils ont un programme de numérisation que nous n’avons pas, et nous intégrons des documents qu’ils n’ont pas : journaux, cartes postales, etc. Il est donc possible que nous travaillions avec Google, ainsi qu’avec d’autres partenaires privés, comme Wikipedia Allemagne. Mais les discussions n’ont pas encore débuté. »

À l’instar du projet du géant américain, l’autre limite au développement du portail européen est liée aux ouvrages orphelins et soumis aux droits d’auteur. « C’est aux institutions nationales de régler ce problème », argue le responsable de la communication d’Europeana.

« Une coopération plus approfondie sera nécessaire pour adapter à l’âge du numérique le cadre juridique européen en matière de droits d’auteur », a fait valoir Viviane Reding. Afin de trouver des solutions à ces problèmes, la Commission a lancé une consultation publique sur l’avenir d’Europeana et sur la numérisation des livres qui prendra fin le 15 novembre 2009.
Stéphane DREYFUS

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