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28/09/2009

UN REPORTAGE SURLE VIN

Un livre Un vin : Un Passe-muraille au château Gachon

Comme tous les samedis, nous vous régalons de notre chronique Un livre Un vin, en partenariat avec notre caviste L’oenolimit. Chaque semaine, nous redécouvrons un ouvrage passé au crible d’un mariage inédit avec un vin sélectionné spécialement pour les liens tissés entre l’œuvre de l’esprit et celle de la vigne. Aujourd'hui, c'est Nous étions des passe-muraille de Jean-Noël Sciarini qui est à l'honneur.

Mais aujourd’hui, le caviste est facétieux : « Le château du jour, je l’ai choisi un peu comme l’on découvre le titre d’un livre et qu’on se précipite à la caisse sans même lire la quatrième de couverture. C’est pourquoi j’ai choisi Gachon. » Un sentiment d’inaccomplissement, d’inabouti, comme une adolescence gâchée justement, ou perdue.


Mais au-delà de ce coup de cœur pour le vocable, ce vin fut un véritable coup de cœur, de l’avis même du caviste. En le découvrant, c’est sa robe sombre et grenat qui a retenu l’attention : comme un premier amour dont on découvre les mystères, le vin avance voilé, presque secret. Il ne s’offre pas au premier coup d’œil. Mais au nez… c’est le grand amour.

Tout comme Jean, il sera chaleureux, puissant, dense ; semblable à Sarah, il offre une fraîcheur de fruits, une espièglerie peut-être. Et comme leur couple de jeunes adolescents, Gachon présente un équilibre entre la rondeur et les tanins, comme le couple s’étourdit avec Pessoa et Bowie… Un amour qui sera séparé, par Sarah qui compte redécouvrir une ville, Berlin, qu’elle a quittée.

À sa manière, Gachon incarne une rupture. Placé sur les montagnes de Saint Emilion qui séparent les grands crus classés et les prestigieux Pomerol, au sud-est, des plus petites appellations, comme Lussac ou Puisseguin, Gachon est un endroit de séparation, un lieu qui marque une distance. Comme ce mur abattu de Berlin qui pourtant finit par se dresser entre Jean et Sarah.


Pourquoi alors le choix de 2006 ? Pour la jeunesse et la fraîcheur : on n’est pas sérieux quand on a 17 ans, mais on ne peut l’être définitivement plus quand on est un millésime si jeune. Et pourtant, le vin passe en cuve de béton durant une année et 30 % du vin en barrique de six mois. Son acidité sera soutenue par une année récente, créant ce bouillonnement qui agite nos amoureux : pour ce vin, lui-même appartenant à Montagne Saint Emilion, le mélange peut être explosif entre les 70 % de Merlot, 20 % de Cabernet et 10 % de Cabernet Sauvignon.

Et si la force, presque violente des premières notes nous emporte, sa finale rejoindra le texte de Jean-Noël Sciarini, fraîche et agréable. Nous laissons ces enfants sur une note de joie, tout doucement, un peut comme le Gachon disparaît progressivement dans notre palais. En espérant qu’il marque tout aussi longuement que le roman nous avait emportés…

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