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12/09/2009

GOOGLE - LIVRES

L'avez-vous remarqué? La page d'accueil en français de Google Books est... en français et est devenue Google livres (en réalité, il y a peut-être longtemps, je n'y avais pas prêté attention avant aujourd'hui).
Je viens d'y retourner suite à la lecture d'un dossier que le Monde de ce jour consacre au grand débat engendré par le possible rapprochement entre la Bibliothèque nationale de France et Google Books - j'y avais d'ailleurs consacré une note en août, dans laquelle je constate que la francisation de la page d'accueil était déjà acquise à ce moment.
Voici les liens vers les articles du quotidien français, qui vous feront savoir ce que pensent du sujet des personnes responsables à divers titres:
Tout cela est intelligent et argumenté.
Mais je n'y trouve rien de nouveau par rapport à tout ce que j'ai pu lire ailleurs.
Je vais donc m'autoriser, moi qui ne suis ni un grand penseur, ni membre d'aucune institution, ni d'ailleurs grand-chose d'autre - sinon un utilisateur assidu des ressources bibliographiques disponibles sur Internet -, je vais donc m'autoriser, dis-je, une suggestion pratique. Un geste simple qui, s'il est multiplié, pourrait se révéler d'une grande efficacité le jour où Google livres - ou Gallica, car le service public n'est pas à l'abri - décide de faire payer ses services.
Tout éditeur d'un blog ou d'un site consacré à un sujet précis, quel qu'il soit, peut installer des fils RSS reprenant les dernières numérisations de Gallica ou de Google livres (par l'intermédiaire d'Internet Archive) sur le sujet en question, de sorte que toutes les personnes intéressées pourront charger les ouvrages et les multiplier en dehors des serveurs qui demanderont peut-être un jour une rémunération. Ce jour-là, nous nous échangerons gratuitement les fichiers...
C'est facile. La preuve, je l'ai fait, pour les ouvrages concernant Madagascar. L'exemple est ici. Il suffit de faire la même chose dans d'autres domaines...

Soie: le film, oui, mais surtout le livre

La critique ne s'est pas montrée très enthousiaste devant le nouveau film de François Girard, adapté du roman d'Alessandro Baricco, Soie. J'ai, pour ma part, trouvé la réalisation plaisante, sans plus. Sans, surtout, y retrouver la magie d'une écriture qui m'avait séduit à la sortie du livre. Et vers lequel je conseille donc vivement de revenir.
Il s'agit d'un bref roman qui se déroule dans les années 1860, entre la France et le Japon. Dans le midi de la France, la production de la soie est une source de richesses considérables à cette époque. Hervé Joncour a pour tâche de se déplacer, de plus en plus loin, afin d'acheter les œufs qui donneront les vers producteurs de soie. Mais les épidémies déciment les élevages, et il faut aller de plus en plus loin pour trouver des œufs sains. En Syrie, en Égypte d'abord, puis même ces territoires deviennent peu sûrs pour la qualité de leur production. Il est nécessaire de trouver d'autres sources. Il en est une qui paraît tout à fait fiable, c'est le Japon. Non seulement c'est loin mais en outre, si ce pays vient d'ouvrir ses frontières, ce n'est certainement pas pour exporter des œufs de vers à soie. Hervé Joncour, mi-inconscient mi-aventurier, ne se pose cependant pas longtemps la question de savoir s'il vaut la peine de faire le voyage...
Il passa la frontière près de Metz, traversa le Wurtemberg et la Bavière, pénétra en Autriche, atteignit par le train Vienne puis Budapest et poursuivit jusqu'à Kiev. Il parcourut à cheval deux mille kilomètres de steppe russe, franchit les monts Oural, entra en Sibérie, voyagea pendant quarante jours avant d'atteindre le lac Baïkal, que les gens de l'endroit appelaient: mer. Il redescendit le long du fleuve Amour, longeant la frontière chinoise jusqu'à l'océan, et quand il fut à l'océan, resta onze jours dans le port de Sabirk en attendant qu'un navire de contrebandiers hollandais l'amène à Capo Teraya, sur la côte ouest du Japon. Là, les tribulations sont loin d'être terminées, même si la mission se déroule très bien. Mais tout est raconté avec la même distance, jusqu'à ce qui va suivre et qui est le nœud du roman: Hervé Joncour aperçoit une femme au visage de jeune fille et dont les yeux ne sont pas asiatiques. Il est marié en France, heureux, mais quelque chose s'ébranle en lui, qui le poussera à revenir, quoi qu'il arrive. Hervé Joncour ne le dit jamais, sans doute ne le sait-il même pas, mais il est amoureux.
D'ailleurs, que sait-il de sa propre vie? Il donne l'impression de n'avoir aucune prise sur les événements et de les subir plutôt que de les vivre intensément. Il n'empêche que l'intensité est présente, et de quelle manière! C'est tout l'art d'Alessandro Baricco, de nous placer au cœur même des choses, quitte à répéter les mêmes pages, de loin en loin, quand des événements se reproduisent - il en est ainsi des voyages vers le Japon, à quelques mots près -, ce qui produit un effet de «re-connaissance», comme si le lecteur lui-même avait mis ses pieds dans les traces d'Hervé Joncour.
Il est beaucoup question, dans ce livre, de blancheur et de légèreté - la soie, n'est-ce pas. La matière elle-même induit une fluidité parfaitement rendue par l'écriture, jusque dans la traduction. Mais aussi par les images et les gestes qui paraissent tendre le livre d'un tissu... soyeux dans lequel on se sent bien, au point de n'avoir pas envie de le quitter.
C'est d'ailleurs le seul reproche que je peux faire à Alessandro Baricco à propos de son roman: il ne nous laisse pas assez longtemps dans le bonheur de cette lecture. On aurait aimé que cela dure bien davantage... En même temps, la raison nous dit que, peut-être, la perfection eût été moins grande. Il fallait choisir et, à l'évidence, Alessandro Baricco a fait les bons choix.

jeudi 10 septembre 2009

Pause musicale: les Beatles remastérisés

Je relis les épreuves d'un livre à paraître en janvier (déjà la prochaine rentrée littéraire, en somme), qu'un ami a écrit et auquel j'avais déjà mis la main, autant pour la mise au net que pour la recherche d'un éditeur.
Ce travail ardu mais qui laisse un morceau du cerveau disponible pour autre chose me permet d'ouvrir les oreilles et de les remplir avec quelques morceaux des seize albums du coffret The Beatles, version nouvelle, nettoyée, "remastérisée", comme il semble que l'on dise.
Je ne suis pas connaisseur au point de vous expliquer les différences (et les éventuels avantages) par rapport à la version précédente. Mais l'occasion de cette sortie, hier, est trop belle. Et vous savez comment on est (moi compris): c'est comme une nouveauté qui n'en serait pas une, qu'on prend à la manière d'une musique jamais entendue alors qu'elle est imprimée dans la tête depuis si longtemps.
En revanche, découvrant qu'il en existe aussi une version mono, je m'interroge sur le bénéfice qu'il pourrait y avoir à écouter celle-ci plutôt que la version stéréo, quand même plus agréable. Peut-on être puriste au point de préférer un son de moins bonne qualité? Si c'est le cas, je ne suis pas puriste. Mais chacun son truc, n'est-ce pas?
En tout cas, je me fais du bien avec I Will, extrait de ce que j'ai toujours appelé l'album blanc et dont je redécouvre qu'il s'appelle en réalité The Beatles. Tout simplement. Evidemment. Et je passe à Birthday comme on enchaîne deux plaisirs successifs, sachant qu'il y en a encore des heures à venir...

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