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17/08/2009

LITERRATURE ISRAELIENNE

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Littérature israélienne, conseils de lecture
Par Sarah Drai pour Guysen International News
Dimanche 16 août 2009 à 17:14
Et s’il était possible de voyager en Israël, le temps de quelques heures, sans prendre de billets d’avion, seriez-vous partants ? Marcel Proust écrivait un jour : « On aime toujours un peu à sortir de soi, à voyager quand on lit ». S’évader sur les montagnes du Golan, s’aventurer dans le désert du Néguev, simplement, en se plongeant dans un livre d’auteur israélien.
Et les francophones sont gâtés : la littérature israélienne regorge d’excellents ouvrages traduits de l’hébreu. Puisque découvrir un pays c’est aussi en découvrir sa littérature, voici quelques conseils de lecture…
La littérature israélienne se caractérise aujourd’hui par des écrivains de la « jeune génération », certains sont nés dans les années 1970. Leurs œuvres, souvent des romans, portent essentiellement sur les relations conflictuelles entre les différentes strates de la société israélienne.
Dans son autobiographie, Les gens indispensables ne meurent jamais, Meir Gutfreund, traite de la société israélienne à travers l’histoire d’enfants vivant dans la banlieue de Haifa. Il y aborde les thématiques auxquelles sont confrontés les Israéliens de la seconde génération après la Shoah. Le registre autobiographique est également choisi par Amos Oz, dans Une histoire d’amour et de ténèbres, pour décrire l’évolution du mode de vie des citoyens de l’Etat hébreu.
Quatre maisons et un exil, d’Eshkol Nevo est l’occasion pour le romancier de mettre en scène un microcosme de la société israélienne. Il y décrit un Israël traversé par des tensions de plus en plus violentes entre Israéliens et Palestiniens mais aussi entre défenseurs de la paix et partisans de la peur et du repli sur soi.
Meir Shalev dans le Pigeon Voyageur dépeint également la société israélienne en prétextant une histoire d’amour entre un jeune colombophile et une demoiselle de Tel-Aviv qui s'envoient des lettres par pigeon voyageur... Pris dans la tourmente de la guerre d’indépendance de 1948, le garçon meurt sur le champ de bataille. Cinquante ans plus tard, l’histoire refait surface.
Les ouvrages de Yeshoua Kenaz, La grande femme des rêves ou Le retour des amours perdus, donnent également une description fidèle du mode de vie israélien.
Le dénominateur commun de tous ces livres d’auteurs israéliens est sûrement leur caractère profond. Sauf quelques rares exceptions, il n’existe pas de romans « légers » dans la littérature israélienne et derrière chaque narration se cache en général une problématique existentielle, une espèce d’angoisse caractéristique de la littérature de guerre.
Pour tous ces romanciers et poètes, l’Etat juif n’est plus un idéal à conquérir mais une réalité ancrée avec toutes les déceptions et bonnes surprises qu’elle peut contenir. Les thèmes individualistes et existentiels sont au cœur de leurs œuvres : l’amour, la mort, le désir, la quête d’identité, l’absurdité de la guerre, la démocratie et la justice dans une société constamment soumise à la pression de la guerre et du terrorisme…
Les autres ouvrages poignants d’auteurs israéliens à lire absolument sont : L’enfant zigzag et Quelqu’un avec qui courir de David Grossman . Dans ce livre, l’auteur raconte les pérégrinations d’Assaf un jeune garçon de 16 ans qui pour se faire de l’argent de poche travaille à la mairie de Jérusalem où il est chargé de retrouver le maître d'un chien égaré. Simple histoire d’amour en apparence, ce livre est en fait une excuse pour aborder une question existentielle : «  Qui suis-je ? ».
Dans le registre des nouvelles, on retrouve Edgar Keret qui traite sur un ton assez cynique de la jeunesse tel avivienne.
Ceux qui préfèrent les polars aimeront s’essayer aux livres de Batya Gour : Le meurtre du Samedi matin ou Le meurtre au Philharmonique. Batya Gour fait partie de la nouvelle génération d’écrivains qui se différencie radicalement de ses prédécesseurs.
L’expérience singulière de la société israélienne n’est plus la priorité des auteurs de la nouvelle génération. Ils optent pour une écriture beaucoup plus universaliste qui se démarque de la spécificité de l’histoire d’Israël et de ses problématiques sociales, religieuses ou ethniques. Les préoccupations de ces auteurs et les thèmes de leurs romans sont aujourd’hui communs à celles de leurs confrères ou consoeurs, européens ou américains.

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